Actualités | Préparation d'une interview et stress intense

Actualités | Préparation d'une interview et stress intense

Comment j'ai failli ne jamais interviewer Virginia de Beagles of Burgundy (et pourquoi j'ai eu de grosses montées de stress)

 

 

 

Tout a commencé, comme souvent, par un trou.

En publiant l'article consacré aux Beagles pour le blog, vendredi dernier à 6h30 du matin, les yeux encore collés, j'effectuai ma dernière relecture et là ... Réalisation.

J'avais oublié quelque chose.

Ou plutôt quelqu'un.

Les Beagles de laboratoire.

Ces chiens qui passent leurs premières années dans des cages à contribuer à la science, et qui (si tout va bien) finissent par en sortir un jour, sans savoir ce qu'est un canapé, un chat qui pète, ou un humain qui joue à Mario Kart.

Un pan entier. Une réalité entière. Que j'avais passée sous silence comme si elle n'existait pas. 

Bon. Evidemment, ça ne m'a pas plu. Evidemment, je me suis trouvée nulle sur ce coup la. Et évidemment, j'allais devoir réparer ça.


 

L'e-mail envoyé un matin sans trop réfléchir (et heureusement)

Il y avait une association que je suis sur les réseaux sociaux : Beagles of Burgundy. Comme son nom l'indique, basée en Bourgogne (à Vézelay plus précisément). Une structure qui travaille à la réadaptation de ces chiens après leur passage en laboratoire.

Sur un coup de tête (parce que si j'y avais réfléchi, je me serais dégonflée) j'ai rédigé un e-mail. Quelques lignes. Une présentation rapide de Canithermo, une explication sur l'article en cours, une demande d'interview.

Et j'ai appuyé sur "envoyer" en fermant les yeux.

Puis j'ai attendu.

En étant à peu près convaincue que je n'aurais pas de réponse. Parce que les associations ont mieux à faire que de répondre aux mails d'inconnues qui veulent interviewer leurs fondatrices pour un blog sur le bien-être articulaire des chiens.

J'ai continué mon chemin, clôturant le sujet et commençant à me demander comment j'allais rédiger mon article sur les Beagles de Laboratoire sans dire trop de bêtises.

Et puis, dimanche soir. Boom.

J'ai eu une réponse.


 

La nuit d'avant

Le rendez-vous était fixé à 15h.

La veille, j'ai lu le site de Beagles of Burgundy en long, en large, en travers, en diagonale et une deuxième fois en long au cas où j'aurais raté quelque chose. J'ai pris des notes. J'ai construit une trame. J'ai listé des questions. J'ai réfléchi à l'angle, au ton, à la façon d'aborder des sujets sensibles sans être ni dramatique ni naïve.

Et là, dans mes notes, à peu près partout : le mot "réhabilitation".

Réhabilitation du Beagle de laboratoire. Processus de réhabilitation. Parcours de réhabilitation.

Sauf que.

En lisant le site (une centaine de fois) j'ai compris que Virginia Mouseler n'utilisait pas ce terme. Elle lui préférait "réadaptation". Une distinction qui n'est pas anodine : la réhabilitation renvoie à quelque chose de cassé qu'on répare, la réadaptation à quelque chose qui apprend, qui s'ajuste, qui découvre.

Ce n'est pas du tout la même chose !

Et moi j'avais sorti fièrement le mot réhabilitation partout.

Partout.

J'ai donc passé un moment non négligeable à rayer méthodiquement, frénétiquement dirai-je, toutes les "réhabilitations, réhabilités" de mes feuilles.

 

 

Le matin du rendez-vous ( stressée me direz vous ? )

J'ai partagé ce jour-là (aujourd'hui en fait) un texte sur Facebook qui résumait assez bien mon état général :

"J'ai les fesses qui claquent. J'ai le trakititrak. Ça fait 1450 fois que je relis mon papier."

Voilà. C'est ça.

J'avais tenté la sieste. Raté. Tenté la respiration. Raté. Tenté les thés apaisants. Raté (j'avais juste eu envie d'aller aux WC toutes les trois minutes, ce qui n'est pas VRAIMENT super apaisant.)

Et puis il y avait un autre problème, de taille.

Sur son site et dans les articles qu'on trouve sur elle : Virginie. Son prénom, c'est écrit Virginie partout.

Sauf que dans son e-mail, elle avait signé Virginia.

VIRGINIA.

Ou VIRGINIE.

Laquelle ?

Comment j'allais l'appeler ?

C'est peut-être un détail pour vous, mais pour moi ça veut dire beaucoup (comme dirait l'autre)

Parce que se tromper sur le prénom de quelqu'un au bout de cinq secondes de conversation, c'est le genre de départ qu'on n'oublie pas. Et pas dans le bon sens. Et encore pire, le mettre par écrit sur un article qui est destiné à rester en ligne !!!

(Pour info : après lui avoir demandé c'est Virginia. C'est confirmé, on peut passer à la suite.)

 


 

15h00 et le protocole de la panique téléphonique

J'étais également convaincue à 100% que j'appellerais à 15h et qu'elle ne décrocherait pas immédiatement. Parce que les gens ont des vies. Je sais. Je comprends. Mais la question qui suit est existentielle :

Si elle ne décroche pas, c'est moi qui rappelle ? Ou elle qui rappelle ?

Parce que si c'est moi, après un certain nombre d'essais, ça fait harcèlement.

Mais si on attend toutes les deux que l'autre rappelle, eh bien personne n'appelle jamais.

Et l'interview n'a pas lieu.

Et l'article n'existe pas.

Et les Beagles de laboratoire restent sans leur article. Et moi dans mon cauchemar de panique.



Ce qui s'est passé ensuite

L'interview a eu lieu.

Virginia a décroché. J'ai réussi à dire son prénom correctement. J'ai à peine bafouillé. Le mot "réhabilitation" ne m'a pas échappé une seule fois !

Et pendant presque une heure, j'ai écouté quelqu'un me parler de Beagles avec une clarté, une bienveillance et une précision incroyables.

Elle m'a parlé de Fortunato : un Beagle sorti de laboratoire, opéré pour une sténose pulmonaire en bloc cardiaque humain, qui prend aujourd'hui huit médicaments par jour et gambade quand même. Elle m'a parlé de la patience que demande la réadaptation. Du fait que sur 600 adoptions, cinq n'ont pas fonctionné. 

J'ai rencontré quelqu'un de formidable, qui a dédié sa vie, son foyer, sa maison à une cause en laquelle elle croit. 

Ce que j'en ai fait, vous le lirez dans l'article dédié quand il sera sorti ! (et oui, on fait un peu de pub ! LISEZ MES ARTICLES OKAY !)

Pour l'instant : merci Virginia. Et merci aux Beagles qui ont eu la patience d'attendre qu'une infirmière stressée arrête de rayer frénétiquement ses feuilles avant de les interviewer !

Si vous voulez aller voir cette association formidable c'est par la : 
Beagles of Burgundy - beaglesofburgundy.org


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