Santé | Top 15 des idées reçues sur la santé du chien

Santé | Top 15 des idées reçues sur la santé du chien
 

Top 15 des idées reçues sur la santé du chien 

 Sources : PubMed · Animal Cognition · Visual Neuroscience · Cell Systems · VCA 

 

Il y a des vérités sur les chiens que tout le monde connaît. Et il y a des vérités que tout le monde connaît... mais qui sont fausses.

Certaines sont inoffensives tandis que d'autres amènent les propriétaires à ignorer les signes de douleur ou à prendre des décisions de santé basées sur rien. 

Ce classement ne juge personne : ces mythes ont survécu parce qu'ils semblent logiques et se transmettent de génération en génération.

Aujourd'hui, on fait le tri pour vous ! 

 

Les 15 mythes démontés

#01

« Le chien voit en noir et blanc »

 C'est faux !

C'est le mythe le plus répandu.

 Le chien est en réalité dichromate : il possède deux types de cônes lui permettant de distinguer les bleus et les jaunes, mais pas les rouges ni les verts.

Son monde ressemble à celui d'une personne atteinte de daltonisme rouge-vert.

Un jouet rouge jeté dans l'herbe verte lui apparaît grisâtre (ce n'est pas un détail anodin pour choisir ses accessoires). 

Source : Neitz et al., Visual Neuroscience, 1989 (PubMed 2487095) ; Siniscalchi et al., Royal Society Open Science, 2017 (PMC5717654)

 

#02

« Un nez sec ou chaud = chien malade » 

 C'est faux !

 

La température et l'humidité du nez fluctuent naturellement selon l'hydratation, le sommeil ou l'activité.

Un chien qui se réveille d'une sieste a souvent le nez sec et chaud tout en étant parfaitement sain !

Le Dr Erin Ray (Texas A&M College of Veterinary Medicine) est formel : ce n'est pas un indicateur fiable de maladie. L'élément à surveiller reste le comportement global et, si nécessaire, la température rectale (normale : 38,3–39,2°C). 

Source : Dr Erin Ray, Texas A&M College of Veterinary Medicine : VCA Animal Hospitals

#03  

« Mon chien mange de l'herbe parce qu'il est malade » 

C'est faux !

Moins de 25 % des chiens vomissent après avoir mangé de l'herbe, et seulement 10 % présentent des signes de malaise avant d'en manger.

Ce comportement est observé même chez les chiens sauvages !

Motivations probables : recherche de fibres, exploration sensorielle, ou simplement le goût. Une consommation brutale et compulsive associée à d'autres signes mérite, elle, une consultation. 

Source : Hôpitaux vétérinaires VCA, Pourquoi les chiens mangent-ils de l'herbe ? : WebMD Animaux de compagnie

 

 #04 

« La bouche du chien est plus propre que celle de l'humain » 

C'est faux !

Fausse équivalence : les flores bactériennes sont simplement différentes, pas comparables en termes de « propreté » !

La bouche canine héberge des bactéries spécifiques, dont Capnocytophaga canimorsus, potentiellement dangereuses pour les personnes immunodéprimées...

L'idée d'une bouche « aseptique » est un mythe sans fondement scientifique !

Source : Wallis & Holcombe, J Small Anim Pract, 2020 (PubMed 32955734)

 

 

#05 

« La file d'attente qui remue = chien content »

 C'est faux !

Le battement de file d'attente varie selon la direction :

 vers la droite (hémisphère gauche dominante : émotions positives)

ou

vers la gauche (hémisphère droit : méfiance ou stress). 

Une file d'attente haute et rigide peut indiquer une tension ou une intention d'agression (ou menace ou autres intentions agonistiques).

Lire un chien uniquement à travers sa file d'attente, c'est passer à côté de la majorité de son langage corporel !

Source : Quaranta et al., Current Biology, 2007 (PubMed 17371755)

#06

« Une chienne devrait faire une portée avant d'être stérilisée » 

 C'est faux !

Aucune étude publiée ne montre un bénéfice physique ou psychologique à faire une portée avant la stérilisation !

C'est une projection anthropomorphique.

À l'inverse, la stérilisation précoce réduit significativement le risque de tumeur mammaire et élimine le risque de pyomètre.

L'âge optimal varie selon la race et le sexe.

C'est quelque chose dont il faut discuter avec votre vétérinaire. 

Source : Vendramini et al., Nutrition Research Reviews, 2020 (Cambridge University Press)

 

 

#07

« Le chien ne ressent pas la douleur comme nous » 

 

C'est à nuancer !

C'est faux sur le plan neurobiologique.

Les chiens possèdent les mêmes voies de nociception que les humains (fibres Aδ et C, structures limbiques). 

Ce mythe est dangereux car il conduit à sous-traiter la douleur chronique, notamment articulaire.

Ce qui est vrai : le chien dissimule sa douleur par instinct, ce qui mène souvent à une détection tardive.

 Un comportement modifié (retrait, agressivité inhabituelle, réticence à se lever) peut en être le seul signe visible...

Source : Directives de l'AVMA sur l'euthanasie des animaux, 2020 : Hellyer et al., Directives de l'AVMA sur la douleur

 #08 

« Une année chien = 7 années humaines » 

 C'est faux !

C'est biologiquement inexact.

Une étude parue dans Cell Systems (2020) basée sur la méthylation de l'ADN de 104 Labradors montre qu'un chiot de 2 ans correspond physiologiquement à un humain d'environ 40 ans mais qu'ensuite, la courbe ralentit...

La corrélation est surtout forte sur les jalons physiologiques majeurs. Par exemple :

8 semaines chez le chien correspondent à 9 mois chez l'humain (les deux espèces commencent à développer leurs dents de lait à ce stade)

L'espérance de vie moyenne du Labrador (12 ans) correspond à l'espérance de vie mondiale humaine (70 ans).

Autre :

le "stade mature" correspond à 2-7 ans chez le chien et 25-50 ans chez l'humain.

Le stade "senior" débute vers 12 ans chez le chien, ce qui correspond à 70 ans chez l'humain

On peut de plus ajouter que la vitesse de vieillissement varie massivement selon la taille :

un Dogue Allemand est « senior » dès 5 ans

 un Chihuahua seulement vers 10–12 ans

Source : Wang et al., Cell Systems, 2020 (DOI 10.1016/j.cels.2020.06.006)

 

 

 

#09 

« Les grandes courses ne peuvent pas vivre en appartement »

 C'est à nuancer !

C'est l'une des idées reçues les plus répandues. Et pourtant, la réalité est plus nuancée...

La taille n’est pas le facteur déterminant.

Ce qui compte vraiment, c'est le niveau d'énergie, les besoins comportementaux, et le tempérament individuel du chien.

Un Lévrier Greyhound, par exemple, est l'un des chiens les plus calmes à l'intérieur. Grand, certes, mais discret, peu aboyeur, et peu destructeur quand ses besoins sont couverts.

À l'inverse, un Jack Russell dans un appartement sans sorties suffisantes sera plus dévastateur qu'un Saint-Bernard bien exercé. Petit chien, gros besoins.

Le caractère du chien compte autant que la race.

Deux chiens de la même race peuvent avoir des profils très différents. Un Berger Allemand anxieux demandera bien plus qu'un autre, calme et sécurisé. La socialisation précoce, l'historique du chien et son tempérament individuel jouent un rôle aussi important que les caractéristiques de sa race.

Ce qui fait vraiment la différence au quotidien :

Au minimum 2 à 3 sorties sérieuses par jour, adaptées au niveau d'énergie de la course et de l'individu.

Une stimulation mentale régulière : jeux de pistage, alimentation par enrichissement, travail olfactif.

 Un environnement adapté : sols non glissants, accès facile pour les grandes courses sujettes aux problèmes articulaires, notamment en vieillissant.

En résumé : ce n'est pas la taille du chien qui détermine sa capacité à vivre en appartement. C'est la cohérence entre ses besoins, son caractère et le mode de vie de son propriétaire.

Source : Hôpital vétérinaire, Mythes sur les races de chiens démystifiés

 

#10 

« Les chiens de refuge sont « abîmés » ou dangereux »

 C'est à nuancer !

 

Le mythe mérite d'être nuancé dans les deux sens !

Ce qui est vrai : un passage en refuge peut en lui-même générer ou aggraver certains comportements, notamment la peur, l'anxiété de séparation ou la réactivité en laisse.

Ce n'est pas une caractéristique du chien, c'est une réponse au stress de l'environnement chenille.

Ce qui est faux : assimiler "chien de refuge" à "chien dangereux ou incontrôlable". Des chiens élevés en famille depuis les chiots peuvent développer des troubles comportementaux sérieux, et c'est souvent précisément la raison pour laquelle ils ont été abandonnés.

Le pronostic avant dépend tout de l'histoire individuelle avant l'abandon, pas du simple fait d'être passé par un refuge.

Un chien abandonné par un propriétaire dépassé n'est pas dans la même situation qu'un chien rescapé d'un élevage intensif ou d'une situation de maltraitance.

Ce qui fait réellement la différence : la qualité de l'accompagnement post-adoption, la cohérence éducative, et le temps accordé à la période d'adaptation.

Sources : O'Riordan & Roth, Applied Animal Behaviour Science, 2023 ; Maddie's Fund, Behavior Problems and Long Term Housing

 

#11

« Les batards n'ont pas de problèmes de santé »

C'est à nuancer !

 

L'idée que les chiens croisés sont automatiquement plus sains que les chiens de race est une simplification excessive.

Ce qui est partiellement vrai : les chiens croisés présentent une prévalence plus faible pour certaines maladies héréditaires spécifiques aux races.

Sur 24 troubles génétiques analysés, 10 sont effectivement plus fréquents chez les chiens de race pure : sténose aortique, dysplasie du coude, dilatation-torsion de l'estomac, épilepsie, hypothyroïdie, entre autres.

Ce qui est faux : croire que le croisement protège systématiquement.

Chacun de ces 24 troubles a également été observé dans la population croisée.

Un croisé entre deux races à risque articulaire peut cumuler les prédispositions des deux parents plutôt que de les neutraliser.

Et les races à morphologie extrême, comme le Bouledogue ou le Carlin, transmettent leurs problèmes structurels (respiratoires, orthopédiques) indépendamment du pedigree : ce sont des contraintes anatomiques, pas uniquement génétiques au sens récessif du terme.

Le croisement n'est pas une assurance santé !

C'est la connaissance de l'histoire des deux parents qui compte !

Source : Bellumori et al., Journal of the American Veterinary Medical Association, 2013 sur 27 254 cas (1995-2010). PMID 23683021

 

 

#12

« Les chiens mangent de l’herbe pour se faire vomir exprès » 

 C'est faux !

 

Variante du mythe #03 méritant sa propre entrée car l’angle est différent :

 l’idée que le chien aurait un comportement intentionnel et médicaté n’est pas étayée.

Moins de 10 % des chiens semblent malades avant d’en manger.

Il n’existe aucune preuve que le chien établit un lien causal conscient entre ingestion d’herbe et soulagement digestif. 

Source : VCA Animal Hospitals : WebMD Pets

 

 

#13 

« Les petites races sont naturellement agressives » 

 C'est faux ! 

Aucune donnée scientifique ne montre une prédisposition génétique à l’agressivité liée à la taille...

Ce qu’on observe est un biais de tolérance : les propriétaires acceptent des comportements chez un petit chien qu’ils ne tolèreraient pas chez un grand.

Un Chihuahua qui grogne n’est pas « dans sa nature » ...

Il n’a simplement jamais appris que ce n’est pas acceptable ! 

Source : Animal Medical Hospital, Dog Breed Myths Debunked

 

 

 

#14 

« Un chien qui mange son caca manque de quelque chose » 

 C'est faux !

La coprophagie est multicausale : comportement atavique chez les chiots, ennui, anxieté, recherche d’attention...

Dans la majorité des cas, aucune déficience nutritionnelle n’est identifiable.

Chez les chiots, le comportement cesse souvent spontanément. 

Chez l’adulte, une évaluation comportementale et alimentaire est recommandée avant de conclure. 

Source : Hart B.L. & Hart L.A., Applied Animal Behaviour Science, 2018 : étude sur la prévalence et les causes

 

#15 

« Le chien sait qu’il a fait une bêtise ! il « fait son coupable » »

C'est faux !

Le « regard coupable » est en réalité un signal d'apaisement en réponse au mécontentement perçu du propriétaire.

L'étude d'Alexandra Horowitz (Animal Cognition, 2009) est l'une des plus citées : des chiens innocents affichaient davantage ce comportement que des chiens « coupables » lorsque les propriétaires étaient convaincus (parfois à tort) qu'une faute avait été commise.

Ce que vous lisez, c'est de la soumission ! pas de culpabilité ! 

Source : Horowitz A., Behavioural Processes, 2009 (DOI 10.1016/j.beproc.2àà9.03.014)

Ce qu'on retient 

La plupart de ces mythes contiennent un fond de logique populaire, ou étaient vrais avant l'évolution de la médecine vétérinaire.

Par exemple, le mythe du nez sec daterait de l'ère pré-vaccinale de la maladie de Carré, dont l'un des symptômes est une hyperkératose nasale.

Aujourd'hui, la science (IRMf canine, méthylation de l'ADN, études comportementales contrôlées) nous permet de mieux comprendre nos compagnons pour mieux intervenir quand ils en ont besoin ! 

 

 

Et vous, quel mythe avez-vous cru le plus longtemps ? 

Le nez sec ? La file d'attente ? La culpabilité ?

Écrivez-nous !

Les plus belles réponses alimenteront un prochain article participatif. 

contact@canithermo.com

 

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Sources 

  • Neitz et al., Visual Neuroscience, 1989 (PubMed 2487095) : Siniscalchi et al., Royal Society Open Science, 2017 (PMC5717654)
  • Dr Erin Ray, Faculté de médecine vétérinaire de l'Université Texas A&M : Hôpitaux vétérinaires VCA
  • Source : Hôpitaux vétérinaires VCA, Pourquoi les chiens mangent-ils de l'herbe ? : WebMD Animaux de compagnie
  • Source : Wallis & Holcombe, J Small Anim Pract, 2020 (PubMed 32955734)
  • Quaranta et al., Current Biology, 2007 (PubMed 17371755)
  • Vendramini et al., Nutrition Research Reviews, 2020 (Cambridge University Press)
  • Recommandations de l'AVMA concernant l'euthanasie des animaux, 2020 : Hellyer et al., Recommandations de l'AVMA sur la douleur
  • Source : Wang et al., Cell Systems, 2020 (DOI 10.1016/j.cels.2020.06.006)
  • Hôpital vétérinaire, Mythes sur les races de chiens démystifiés
  • O'Riordan et Roth, Applied Animal Behaviour Science, 2023 ; Maddie's Fund, Problèmes de comportement et logement à long terme
  • Bellumori et al., Journal of the American Veterinary Medical Association, 2013 sur 27 254 cas (1995-2010). PMID 23683021
  • Hôpitaux vétérinaires VCA : WebMD Animaux
  • Animal Medical Hospital, Dog Breed Myths DebunkedHart BL & Hart LA, Applied Animal Behavior Science, 2018 : étude sur la prévalence et les causes

  • Horowitz A., Processus comportementaux, 2009 (DOI 10.1016/j.beproc.2àà9.03.014)

 

 

 

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