Alimentation | Alimentation du chien sportif : performance et récupération


Alimentation du chien sportif : performance et récupération

 

Sources : Hill 1998, Hill 2000, Hill 2001, Ober 2016, Wakshlag et Shmalberg 2014, Zanghi 2018.

 

 

Le chien sportif n'est pas simplement un chien qui se promène tous les jours. Il s'agit d'un chien qui fournit un effort régulier et soutenu : chien de traîneau, Greyhound de course, chien de chasse très sollicité, chien de travail ou encore chien pratiquant le canicross ou l'agility à haut niveau.

La majorité des connaissances scientifiques provient des chiens de traîneau, des Greyhounds et de certains chiens de travail. Les données concernant les sports canins de loisir restent encore limitées.


Le chien utilise les graisses différemment de l'humain

L'une des principales différences entre le chien et l'humain concerne la façon dont l'organisme produit son énergie.

Contrairement à l'humain, le chien utilise très efficacement les graisses pendant un effort prolongé. Chez les chiens d'endurance, une alimentation suffisamment riche en lipides permet donc de soutenir plus efficacement l'exercice. Les glucides restent utiles, mais ils n'occupent pas la place centrale qu'ils ont dans de nombreux sports humains.


Endurance et sprint : des besoins différents

Le chien d'endurance

Chez les chiens d'endurance, les études montrent qu'une alimentation riche en lipides, associée à un apport suffisant en protéines, favorise les performances tout en aidant à préserver la masse musculaire.

Les travaux de Hill indiquent que des rations apportant plus de 50 % de leur énergie sous forme de lipides améliorent l'endurance. Un apport protéique supérieur à 30 % de l'énergie semble également contribuer à limiter l'anémie d'entraînement.

Ces résultats proviennent principalement d'études menées chez les chiens de traîneau et ne peuvent pas être appliqués automatiquement à tous les chiens pratiquant un sport de loisir.

 

Le chien de sprint

Chez le Greyhound, les études montrent également qu'une alimentation plus riche en lipides et plus pauvre en glucides permet d'obtenir de meilleures performances.

En revanche, augmenter fortement les protéines n'améliore pas automatiquement la vitesse. Les travaux de Hill montrent même qu'un régime très riche en protéines peut être moins intéressant qu'un apport plus modéré.

Autrement dit, chez le chien sportif, plus de protéines ne signifie pas forcément de meilleures performances.


Les besoins énergétiques varient énormément

Il n'existe pas une seule "ration du chien sportif".

Chez les Greyhounds à l'entraînement, les besoins énergétiques sont d'environ 155 kcal/kg<sup>0,75</sup>/jour.

À l'inverse, certains chiens de traîneau engagés sur des courses d'endurance peuvent dépasser 10 000 kcal par jour dans des conditions extrêmes.

Les besoins d'un chien pratiquant occasionnellement le canicross n'ont donc rien de comparable avec ceux d'un chien de traîneau ou d'un chien de travail très sollicité. Comme le rappellent Wakshlag et Shmalberg, l'alimentation doit être adaptée au type d'effort réellement fourni.


Quand nourrir un chien sportif ?

Les études disponibles ne permettent pas de définir un délai idéal entre un repas et l'exercice.

En pratique, il est recommandé d'éviter un repas copieux juste avant un effort intense afin de limiter l'inconfort digestif et, chez les races prédisposées, de ne pas ajouter un facteur de risque de dilatation-torsion de l'estomac.

Après l'effort, le chien peut être nourri lorsqu'il est revenu au calme, correctement réhydraté et que sa température corporelle est redevenue normale.


L'hydratation est souvent le facteur le plus sous-estimé

L'eau reste le nutriment le plus important pour un chien sportif.

Le chien régule principalement sa température grâce au halètement. Lors d'un effort, surtout par temps chaud ou humide, les pertes hydriques augmentent rapidement.

Une étude menée chez des chiens de travail a montré qu'un apport hydrique enrichi, en complément de l'eau disponible à volonté, favorisait une récupération plus rapide de la fréquence cardiaque et limitait l'élévation de la température corporelle après un exercice de 30 minutes.

Quelle que soit la discipline, une bonne hydratation fait partie intégrante de la performance, mais aussi de la récupération. L'eau doit être disponible avant l'effort, pendant lorsque cela est possible, puis après l'exercice.


Le poids de forme reste essentiel

L'objectif n'est pas de faire prendre du poids au chien, mais de maintenir une condition physique adaptée à son activité.

Un chien en surpoids fatigue plus rapidement, dissipe moins bien la chaleur et subit davantage de contraintes sur ses articulations. À l'inverse, un chien trop maigre peut manquer de réserves énergétiques et récupérer moins efficacement.

Adapter les apports alimentaires à la dépense réelle reste l'un des meilleurs moyens de préserver à la fois la santé et les performances.


Ce que les études ne permettent pas encore d'affirmer

Les connaissances actuelles reposent principalement sur les chiens de traîneau, les Greyhounds et certains chiens de travail.

Les recommandations concernant le canicross, l'agility, le troupeau ou d'autres disciplines de loisir sont donc souvent extrapolées à partir de ces modèles. Les proportions idéales de protéines, de lipides et de glucides pour chacune de ces activités restent encore mal définies.


En pratique

Pour la majorité des chiens pratiquant une activité sportive de loisir, une alimentation complète de bonne qualité couvre les besoins nutritionnels.

En revanche, les chiens engagés dans des efforts très intenses, répétés ou de longue durée peuvent bénéficier d'une ration spécifiquement adaptée à leur discipline.

Dans tous les cas, trois principes restent essentiels :

  • adapter les apports énergétiques à l'intensité réelle de l'activité ;
  • éviter un repas copieux juste avant un effort important ;
  • veiller à une hydratation suffisante avant, pendant si possible, et après l'exercice.

 


Sources

  1. Hill, R. C., Lewis, D. D., Scott, K. C., Sundstrom, D. A., Jones, G. L., Harper, S. E., & Olson, P. N. S. (1998). Effect of increased dietary protein and decreased dietary carbohydrate on performance and body composition in racing Greyhounds. American Journal of Veterinary Research.
  2. Hill, R. C., Lewis, D. D., Scott, K. C., Omelchenko, N., Sundstrom, D. A., Williams, D. A., & others. (2000). Effects of low carbohydrate, high protein or high fat diets on performance of racing Greyhounds. American Journal of Veterinary Research.
  3. Hill, R. C., Williams, C., Lewis, D. D., & others. (2001). Influence of dietary composition on athletic performance in dogs. American Journal of Veterinary Research.
  4. Ober, J., Gillette, R. L., Angle, T. C., & others. (2016). Nutrition and the canine athlete. Veterinary Clinics of North America: Small Animal Practice.
  5. Wakshlag, J. J., & Shmalberg, J. (2014). Nutrition for working and service dogs. Veterinary Clinics of North America: Small Animal Practice, 44(4), 719–740.
  6. Zanghi, B. M., Eye, M. H., & Gardner, C. L. (2018). Effects of a nutrient-enriched water supplement on thermoregulation and recovery following exercise in working dogs. Frontiers in Veterinary Science.

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