Alimentation | Alimentation du chien : état des lieux 2026

Les modes d'alimentation du chien : état des lieux 2026

 

Sources : Hoummady 2022, O’Brien 2024, Ortiz 2025, Dodd 2019, FEDIAF, NRC, Pets International / Yummypets.

 

Le repas du chien est devenu un véritable sujet de débat

Choisir l'alimentation de son chien n'a jamais suscité autant de discussions.

Croquettes, pâtée, BARF, alimentation ménagère ou mixing feeding : chaque approche a ses défenseurs, ses arguments et ses critiques. Il n'est donc pas toujours facile pour les propriétaires de s'y retrouver.

Pourtant, la littérature scientifique est plus nuancée que les débats sur les réseaux sociaux.

À ce jour, aucune étude ne permet d'affirmer qu'un mode d'alimentation est systématiquement supérieur à tous les autres, pour tous les chiens et dans toutes les situations.

Chaque approche présente des avantages, mais aussi des limites. Le plus important reste de couvrir correctement les besoins nutritionnels du chien tout en tenant compte de son âge, de son état de santé, de son niveau d'activité et du mode de vie de son propriétaire.

Cet article propose un état des lieux des principales approches alimentaires et de ce que les études permettent réellement d'en conclure.


Ce que mangent réellement les chiens

Avant de comparer les différents régimes, il est utile de regarder les habitudes des propriétaires.

Une enquête française réalisée auprès de 426 propriétaires a montré que 55 % nourrissaient exclusivement leur chien avec une alimentation conventionnelle (croquettes ou pâtée), tandis que 38 % utilisaient au moins un régime alternatif, comme le BARF, la ration ménagère ou le prey model.

Les auteurs soulignent toutefois que les participants ont été recrutés via les réseaux sociaux, ce qui peut surreprésenter les propriétaires déjà intéressés par ces approches.

À plus grande échelle, les croquettes restent très largement majoritaires.

Dans le Dog Aging Project, qui a recueilli les données de plus de 40 000 propriétaires américains, environ 82 % des chiens étaient nourris principalement avec des croquettes.

En France, une enquête réalisée par Pets International et Yummypets retrouvait un chiffre comparable : 83 % des propriétaires déclaraient utiliser principalement des croquettes.

Cette dernière enquête décrit les habitudes de consommation, mais ne possède pas le même niveau de preuve qu'une étude scientifique publiée dans une revue à comité de lecture.


Les principales approches alimentaires

1. Les croquettes

Les croquettes restent aujourd'hui le mode d'alimentation le plus répandu.

Lorsqu'elles sont commercialisées comme aliment complet, elles sont formulées pour couvrir l'ensemble des besoins nutritionnels du chien en protéines, lipides, vitamines, minéraux et oligo-éléments. En Europe, les fabricants s'appuient principalement sur les recommandations de la FEDIAF, elles-mêmes basées sur les travaux du National Research Council (NRC).

Leur principal avantage est leur simplicité : elles permettent de proposer une ration équilibrée sans que le propriétaire ait à calculer lui-même les apports nutritionnels.

En revanche, toutes les croquettes ne se valent pas. La qualité des matières premières, la formulation, les contrôles qualité et la transparence des fabricants peuvent varier d'une marque à l'autre.

Autre particularité : leur faible teneur en eau, généralement autour de 8 à 10 %. Il est donc important que le chien ait toujours accès à de l'eau fraîche.

Le format « croquette » ne constitue donc pas, à lui seul, un gage de qualité. C'est la formulation globale qui fait la différence.


2. Les aliments humides

La pâtée et les autres aliments humides contiennent généralement entre 70 et 80 % d'eau.

Cette richesse en eau augmente naturellement l'apport hydrique quotidien, ce qui peut être intéressant chez les chiens qui boivent peu, les seniors, les animaux convalescents ou ceux souffrant de certains troubles urinaires.

Ces aliments sont également souvent plus appétents, ce qui peut faciliter l'alimentation des chiens difficiles.

Leur principal inconvénient reste leur coût, généralement plus élevé que celui des croquettes à apport énergétique équivalent.

Contrairement à une idée répandue, ils n'offrent pas de bénéfice particulier pour l'hygiène bucco-dentaire. Leur intérêt se situe avant tout dans leur appétence et leur forte teneur en eau.


3. Le BARF

Le BARF (Biologically Appropriate Raw Food ou Bones and Raw Food) repose sur une alimentation composée principalement de viande crue, d'os charnus et d'abats, auxquels peuvent s'ajouter différents compléments selon les recettes.

Ses partisans mettent en avant une alimentation plus proche de celle des ancêtres du chien et moins transformée.

À ce jour, les études ne montrent pas que le BARF est globalement supérieur aux autres modes d'alimentation.

En revanche, elles documentent clairement certains risques, notamment microbiologiques et nutritionnels, lorsque les rations sont mal formulées ou que les règles d'hygiène ne sont pas respectées.

4. L'alimentation ménagère

L'alimentation ménagère consiste à préparer soi-même les repas de son chien à partir d'aliments cuits : viande, poisson, œufs, légumes, féculents et matières grasses, auxquels s'ajoutent généralement des compléments minéraux et vitaminiques.

Lorsqu'elle est correctement formulée, elle peut parfaitement couvrir les besoins nutritionnels d'un chien. Elle est d'ailleurs utilisée dans certaines situations médicales, notamment pour les régimes d'éviction, certaines maladies chroniques ou lorsque les aliments industriels sont mal tolérés.

Le principal risque ne vient donc pas du principe de la ration ménagère, mais de sa formulation.

Les études montrent que les recettes élaborées sans accompagnement sont très souvent déséquilibrées, avec des déficits fréquents en calcium, en oligo-éléments, en vitamines ou en certains acides gras essentiels.

Préparer soi-même les repas de son chien demande donc davantage qu'une recette trouvée sur Internet. Une ration ménagère doit être construite comme une véritable formulation nutritionnelle.

5. Le mixing feeding

Le mixing feeding consiste à associer plusieurs types d'aliments au cours de la journée ou d'un même repas.

Il peut s'agir, par exemple, de croquettes et de pâtée, de croquettes accompagnées d'une petite quantité de viande cuite ou encore de quelques aliments frais ajoutés pour améliorer l'appétence.

Cette approche est très répandue et peut présenter plusieurs avantages : varier les textures, augmenter l'apport en eau ou faciliter l'alimentation des chiens difficiles.

En revanche, remplacer une partie importante d'un aliment complet par des aliments non équilibrés peut modifier l'équilibre nutritionnel de la ration.

Le mixing feeding n'est donc pas problématique en lui-même. Comme pour les autres approches, tout dépend de la manière dont il est construit.


Ce que les études permettent réellement d'affirmer

Comparer les différents modes d'alimentation est beaucoup plus difficile qu'il n'y paraît.

La majorité des travaux disponibles sont des études observationnelles. Elles permettent d'identifier des associations entre un type de régime et certains paramètres de santé, mais elles ne démontrent pas qu'un régime est directement responsable d'un effet.

De nombreux facteurs peuvent influencer les résultats :

  • l'âge du chien ;
  • sa race ;
  • son niveau d'activité ;
  • son poids ;
  • son état de santé ;
  • son statut reproducteur ;
  • le mode de vie du foyer.

À cela s'ajoute un autre biais important : un chien malade est souvent orienté vers une alimentation spécifique. Si ce chien présente davantage de problèmes de santé, cela ne signifie pas que son alimentation en est la cause.

Une grande étude du Dog Aging Project, portant sur plus de 27 000 chiens, a comparé plusieurs types de régimes (croquettes, alimentation ménagère, BARF commercial et BARF maison).

Les auteurs rappellent eux-mêmes que les bénéfices souvent attribués aux régimes alternatifs reposent encore sur un niveau de preuve limité.

Autrement dit, les données actuelles ne permettent pas de conclure qu'un mode d'alimentation est systématiquement meilleur qu'un autre.

C'est pourquoi les sociétés savantes restent prudentes et privilégient des recommandations centrées sur l'équilibre nutritionnel plutôt que sur un type précis de régime.

 

 

Ce qu'il faut retenir

À l'heure actuelle, aucun mode d'alimentation n'a démontré une supériorité systématique sur tous les autres.

Les croquettes complètes restent la solution la plus simple à équilibrer au quotidien et celle qui bénéficie du plus long recul en matière de formulation.

Les aliments humides peuvent être particulièrement intéressants pour augmenter l'apport en eau ou stimuler l'appétit de certains chiens.

L'alimentation ménagère et le BARF peuvent également convenir, mais ils demandent beaucoup plus de connaissances et de rigueur pour couvrir correctement les besoins nutritionnels. Lorsqu'ils sont improvisés, le risque de déséquilibre augmente nettement.

Le mixing feeding offre une certaine souplesse et peut être une bonne option lorsqu'il est construit de manière cohérente. Là encore, c'est l'équilibre de la ration dans son ensemble qui compte.

Au final, le choix d'une alimentation dépend surtout du chien, de son âge, de son état de santé, de son niveau d'activité, mais aussi du temps et des connaissances que son propriétaire peut consacrer à sa ration.

Une excellente ration ménagère sera toujours préférable à une mauvaise croquette, tout comme une croquette bien formulée sera préférable à une ration maison improvisée. Plus que le type d'alimentation, c'est la qualité de sa formulation, sa cohérence et son adaptation au chien qui font réellement la différence.


Et maintenant ?

Chaque mode d'alimentation possède ses avantages, ses limites et ses contraintes. Derrière des débats souvent très tranchés, la réalité est généralement plus nuancée.

Cet article avait pour objectif de dresser un état des lieux des principales approches. Dans les articles suivants, nous reviendrons plus en détail sur chacune d'entre elles : croquettes, aliments humides, BARF, alimentation ménagère et mixing feeding. Nous verrons ce que disent les études scientifiques, les bénéfices réellement démontrés, les limites connues et les idées reçues qui persistent encore.

L'objectif n'est pas de défendre un mode d'alimentation plutôt qu'un autre, mais de vous donner les informations les plus fiables possibles pour faire un choix éclairé, adapté à votre chien et fondé sur les données scientifiques disponibles.

 


 

Sources 

  1. Hoummady S. et al. (2022). Comparison of canine owner profile according to food choice: an online preliminary survey in France. BMC Veterinary Research, 18(1), 163. PMID : 35509073.

  2. O’Brien J.S. et al. (2024). Dog and owner demographics impact dietary choices in Dog Aging Project cohort. Journal of the American Veterinary Medical Association, 262(12), 1676-1685. PMID : 39142333.

  3. Ortiz A.V. et al. (2025). Association Between Diet Type and Owner-Reported Health Conditions in Dogs in the Dog Aging Project. Journal of Veterinary Internal Medicine, 39(3). PMID : 40256950. PMC : 12010193.

  4. Dodd S.A.S. et al. (2019). Plant-based (vegan) diets for pets: A survey of pet owner attitudes and feeding practices. PLOS ONE, 14(1), e0210806. PMID : 30645644.

  5. FEDIAF. Nutritional Guidelines for Complete and Complementary Pet Food for Cats and Dogs, version 2025.

  6. National Research Council (2006). Nutrient Requirements of Dogs and Cats. National Academies Press.

  7. Pets International / Yummypets. Enquête multi-pays sur les habitudes d’alimentation des propriétaires de chiens, consultée en 2026.

 

 

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