Lorsqu'on parle de compléments pour les articulations, la glucosamine et la chondroïtine occupent souvent le devant de la scène.
Pourtant, la littérature vétérinaire met régulièrement en avant un autre ingrédient : la moule verte de Nouvelle-Zélande (Perna canaliculus).
La moule verte est aujourd'hui l'un des rares compléments articulaires dont l'efficacité est soutenue par plusieurs études chez le chien. Cela ne veut pas dire qu'elle fait des miracles, mais les preuves sont plus solides que pour beaucoup d'autres produits vendus pour les articulations.
Qu'est-ce que la moule verte ?
Perna canaliculus est une moule originaire de Nouvelle-Zélande, reconnaissable au liseré vert de sa coquille.
Si elle intéresse les chercheurs, ce n'est pas parce qu'il s'agit simplement d'un produit marin. Elle contient un mélange de lipides bioactifs, d'oméga-3 et d'autres composés susceptibles de participer à ses effets sur les articulations.
On retrouve principalement deux types de produits :
- la poudre de moule entière, généralement lyophilisée ;
- les extraits lipidiques ou huiles concentrées.
Ces deux formes ne sont pas identiques. Leur composition diffère, tout comme leur concentration en substances actives. Il est donc difficile de comparer directement les résultats d'une étude avec n'importe quel complément vendu dans le commerce.
Comment agit-elle ?
Les effets attribués à la moule verte semblent principalement liés à sa fraction lipidique.
Elle contient notamment plusieurs acides gras à longue chaîne, dont l'ETA, ainsi que d'autres composés capables d'influencer certains mécanismes impliqués dans l'inflammation.
Des études expérimentales montrent que ces extraits peuvent agir sur différentes voies inflammatoires.
Mais il faut distinguer deux choses :
- un mécanisme biologique plausible ;
- une efficacité réellement démontrée chez le chien.
Ce sont les essais cliniques qui permettent de savoir si un complément améliore réellement la douleur ou la mobilité. Les mécanismes, à eux seuls, ne suffisent pas à prouver son efficacité.
Que montrent les études ?
La méta-analyse de Barbeau-Grégoire et al. (2022) reste aujourd'hui la référence sur les nutraceutiques utilisés dans l'arthrose canine.
Les auteurs ont analysé 72 essais cliniques portant sur différents compléments alimentaires.
Leur conclusion est nuancée mais intéressante : les résultats varient selon les produits, mais la moule verte fait partie des compléments les plus prometteurs, aux côtés des oméga-3 marins.
Parmi les principales études :
- Hielm-Björkman et al. ont observé une amélioration de la douleur et de la mobilité chez des chiens recevant de la moule verte. Les résultats restaient toutefois inférieurs à ceux obtenus avec le carprofène, un anti-inflammatoire vétérinaire.
- Bui et Bierer ont également rapporté une amélioration des signes d'arthrose chez des chiens supplémentés.
- Pollard et al. ont obtenu des résultats encourageants chez des chiens souffrant d'arthrose légère à modérée.
- Plus récemment, Alves et al. (2023) ont montré que des composés lipidiques marins amélioraient certains paramètres objectifs de locomotion, contrairement au groupe recevant de la glucosamine et de la chondroïtine.
Pris ensemble, ces travaux suggèrent que la moule verte dispose d'un niveau de preuve supérieur à celui de nombreux autres compléments articulaires.
En revanche, toutes les études n'utilisent pas les mêmes produits. Les formulations, les procédés de fabrication et les concentrations varient fortement.
Autrement dit, un complément affichant simplement « moule verte » sur son étiquette n'offre pas forcément les mêmes garanties que les produits évalués dans les essais cliniques.
Quelle dose est utilisée ?
Comme pour la plupart des nutraceutiques, il n'existe pas de dose universelle valable pour tous les produits.
Les études utilisent des formulations différentes, ce qui rend les comparaisons difficiles.
L'essai de Hielm-Björkman et al. prévoyait par exemple une dose plus élevée au début du traitement, puis une dose d'entretien.
Le plus important n'est donc pas seulement la quantité administrée, mais de savoir si le produit se rapproche de ceux qui ont été évalués dans les études.
La qualité du produit est essentielle
C'est probablement le point le plus important.
Les chercheurs soulignent que la façon dont la moule est transformée influence fortement son activité biologique.
Une chaleur excessive peut dégrader certains composés d'intérêt. À l'inverse, des procédés comme la lyophilisation ou la stabilisation à basse température permettent de mieux les préserver.
Autrement dit, il faut faire la différence entre :
- une préparation de qualité, proche de celles utilisées dans les études ;
- un produit contenant simplement un peu de moule verte pour des raisons marketing.
Tous les compléments ne se valent donc pas.
Huile ou poudre ?
Les deux formes existent dans la littérature scientifique.
La poudre de moule entière conserve un large éventail de composants naturellement présents dans l'animal.
Les extraits lipidiques, eux, concentrent davantage les composés auxquels sont attribués les effets anti-inflammatoires.
À l'heure actuelle, les études ne permettent pas d'affirmer qu'une forme est systématiquement supérieure à l'autre.
Le plus important reste la qualité de fabrication et la stabilité du produit.
Marketing versus réalité
La moule verte fait l'objet de nombreuses promesses commerciales.
On peut lire qu'elle remplacerait les anti-inflammatoires, qu'elle serait plusieurs dizaines de fois plus puissante que les oméga-3 ou encore que ses effets seraient prouvés grâce à l'alimentation traditionnelle des Maoris.
Ces affirmations vont bien au-delà de ce que montrent les études.
La littérature scientifique soutient une position beaucoup plus mesurée :
- son mécanisme d'action est crédible ;
- plusieurs essais cliniques montrent des résultats encourageants ;
- elle fait partie des compléments les mieux documentés dans l'arthrose canine.
En revanche, elle ne remplace pas un traitement vétérinaire lorsqu'un chien souffre fortement.
Pour quels chiens ?
La moule verte peut être intéressante chez les chiens présentant une arthrose légère à modérée, ou comme complément dans une prise en charge globale.
Elle s'intègre généralement à une approche multimodale associant :
- le contrôle du poids ;
- une activité physique adaptée ;
- la rééducation ;
- des traitements antidouleur si nécessaire.
Son intérêt est surtout d'apporter un complément bien toléré, avec un niveau de preuve supérieur à celui de nombreux autres nutraceutiques.
En revanche, chez un chien souffrant d'une arthrose sévère ou lors d'une poussée douloureuse, elle ne remplace ni les anti-inflammatoires, ni les antalgiques prescrits par le vétérinaire.
Concernant la prévention chez les races prédisposées, les données restent limitées. L'hypothèse est intéressante, mais les études actuelles ne permettent pas de conclure à un effet préventif démontré.
Précautions d'emploi
Les études rapportent un profil de sécurité globalement bon.
Les effets secondaires observés sont principalement digestifs et restent généralement légers.
Une prudence particulière est toutefois recommandée :
- chez les chiens allergiques aux mollusques ;
- chez ceux recevant déjà plusieurs traitements ;
- en cas de trouble de la coagulation ou avant une intervention chirurgicale.
Aucune interaction majeure n'a été clairement mise en évidence aux doses habituellement utilisées, mais cela ne dispense pas d'en parler avec son vétérinaire avant de commencer une supplémentation.
Conclusion
La moule verte de Nouvelle-Zélande fait aujourd'hui partie des compléments articulaires les mieux documentés chez le chien.
Les études montrent qu'elle peut contribuer à améliorer la douleur et la mobilité chez certains chiens arthrosiques, avec un bon profil de tolérance.
En revanche, tous les produits ne sont pas équivalents. La qualité de fabrication, la méthode de conservation et la composition réelle jouent un rôle essentiel, et un complément contenant simplement de la « moule verte » ne bénéficie pas automatiquement du même niveau de preuve que les formulations étudiées.
Enfin, même si les résultats sont encourageants, la moule verte ne remplace pas une prise en charge vétérinaire. Comme les oméga-3, elle trouve surtout sa place dans une stratégie globale associant contrôle du poids, activité adaptée, rééducation et traitements lorsque ceux-ci sont nécessaires.
Pourquoi Canithermo n’en met pas dans ses compléments ?La moule verte de Nouvelle-Zélande est un ingrédient intéressant, avec des données encourageantes chez le chien arthrosique. Mais chez Canithermo, un actif ne suffit pas à être “prometteur” sur le papier. Il doit aussi être stable, bien standardisé, bien toléré, cohérent avec la formule finale et compatible avec notre exigence de qualité. La moule verte pose plusieurs limites : sa composition varie selon la forme utilisée, son procédé de transformation et sa conservation. Elle soulève aussi des questions d’allergies aux mollusques, d’origine marine, de traçabilité et d’impact sur les écosystèmes. À ce stade, Canithermo a donc choisi de ne pas l’intégrer. Non parce qu’elle serait sans intérêt, mais parce que nous privilégions des actifs plus maîtrisables, plus réguliers d’un lot à l’autre et plus cohérents avec notre approche globale du produit. |
Sources
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Barbeau-Grégoire M. et al. (2022). A Systematic Review and Meta-Analysis of Enriched Therapeutic Diets and Nutraceuticals in Canine and Feline Osteoarthritis. Animals.
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Hielm-Björkman A. et al. (2009). Evaluating Complementary Therapies for Canine Osteoarthritis Part I: Green-lipped Mussel (Perna canaliculus).
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Bui L.M., Bierer T.L. (2003). Influence of Green Lipped Mussels (Perna canaliculus) in Alleviating Signs of Arthritis in Dogs.
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Pollard B. et al. (2006). Clinical efficacy and tolerance of an extract of green-lipped mussel (Perna canaliculus) in dogs presumptively diagnosed with degenerative joint disease.
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Corbee R.J. (2022). The efficacy of a nutritional supplement containing green-lipped mussel, curcumin and blackcurrant leaf extract in dogs and cats with osteoarthritis.
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Alves J.C. et al. (2023). Study of the effectiveness of glucosamine and chondroitin sulfate, marine based fatty acid compounds, and carprofen for the treatment of dogs with hip osteoarthritis.
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Eason C.T. et al. (2018). Greenshell Mussels: A Review of Veterinary Trials and Future Research Directions.
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Bierer T.L., Bui L.M. (2002). Improvement of arthritic signs in dogs fed green-lipped mussel (Perna canaliculus).
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