Émotions et Comportement | Choisir un bon comportementaliste

 Comment choisir un bon comportementaliste : les "vrais" critères

 

Source : AVSAB, 2021 ; Vieira de Castro et al., 2020 ; Affenzeller et al., 2021 ; AVSAB (dominance) ; France Compétences ; Légifrance ; Animal Behavior Society ; IAABC.

 


Votre chien mord, aboie en permanence, panique lorsqu'il reste seul ou devient difficile à gérer avec les visiteurs. Très vite, on vous conseille de « consulter un comportementaliste ».

Quelques recherches suffisent pourtant à se retrouver face à des approches très différentes : dominance, leadership, énergétique, rééquilibrage émotionnel, méthodes coercitives, méthodes dites naturelles ou approches fondées sur les données scientifiques.

Pour un propriétaire, il peut être difficile de faire le tri.

Le choix d'un professionnel ne devrait pas reposer sur son nombre d'abonnés, son discours commercial ou le prix de la consultation. Les éléments les plus importants restent les méthodes utilisées, la formation réellement suivie et la capacité à travailler dans un cadre éthique, scientifique et médical cohérent.

En France, certaines activités liées à l'éducation canine sont réglementées, mais l'utilisation d'un titre ou d'une appellation ne garantit malheureusement pas, à elle seule, un niveau de compétence particulier.

Ce que la science dit des méthodes utilisées

Avant même de parler de diplômes ou de certifications, le premier critère à examiner reste la méthode employée.

Les travaux scientifiques publiés ces dernières années montrent des résultats relativement cohérents concernant les méthodes aversives.

L'étude de Vieira de Castro et ses collaborateurs a observé que les chiens issus d'écoles utilisant des méthodes fondées sur les punitions présentaient davantage de comportements de stress, des réponses émotionnelles plus négatives et des concentrations de cortisol plus élevées que les chiens entraînés principalement par la récompense.

Les travaux d'Affenzeller et ses collègues vont dans le même sens. Les chiens dont les propriétaires utilisaient davantage de méthodes reposant sur la punition positive ou le renforcement négatif présentaient des réponses plus pessimistes lors des tests de biais de jugement, suggérant un état émotionnel moins favorable.

L'American Veterinary Society of Animal Behavior considère aujourd'hui que les méthodes basées sur la récompense offrent le meilleur rapport bénéfice-risque en matière de bien-être, d'apprentissage et de relation entre le chien et son propriétaire.

La question de la dominance

Le vocabulaire employé par un professionnel peut également donner des indications sur son cadre théorique.

Les explications reposant principalement sur des notions de « chien dominant », de « chef de meute », « d'alpha » ou de « remise à sa place » ne correspondent plus aux recommandations actuelles des principales organisations vétérinaires comportementales.

L'AVSAB a publié une prise de position indiquant que la théorie de la dominance ne constitue pas une base pertinente pour la modification comportementale.

Le problème ne se limite pas à une question de vocabulaire. Lorsque ces concepts servent à justifier des méthodes intimidantes ou coercitives, ils peuvent aggraver certains problèmes liés à la peur, à l'anxiété ou à l'agressivité.

Un professionnel qui explique la majorité des comportements canins par la dominance mérite donc d'être interrogé sur ses références scientifiques et ses méthodes de travail.

Le cadre français : ce qui compte réellement

En France, l'exercice professionnel des activités liées à l'éducation ou au dressage des chiens s'inscrit dans un cadre réglementaire précis.

L'ACACED ou un titre reconnu équivalent constitue une exigence réglementaire pour certaines activités impliquant des animaux de compagnie.

Il est toutefois important de comprendre ce que représente cette attestation. Elle valide des connaissances générales concernant les besoins biologiques, comportementaux, sanitaires et réglementaires des animaux de compagnie.

Elle ne constitue pas une spécialisation en comportement canin ni une formation avancée en prise en charge des troubles comportementaux.

Le BP Éducateur canin inscrit au RNCP représente une formation professionnelle plus approfondie et constitue un indicateur intéressant de formation structurée. Il ne garantit pas à lui seul la qualité d'un accompagnement, mais il témoigne d'un cursus plus complet.

Les certifications réellement utiles

Lorsqu'un professionnel se présente comme « certifié », plusieurs questions doivent être posées :

  • par quel organisme ;

  • selon quels critères ;

  • avec quelles exigences ;

  • et avec quel contrôle externe.

Certaines structures internationales disposent de critères de certification clairement définis.

L'Animal Behavior Society encadre les titres CAAB et ACAAB avec des exigences portant sur la formation, l'expérience professionnelle et les recommandations.

L'International Association of Animal Behavior Consultants (IAABC) propose également un système de certification reposant sur différents critères d'expérience et d'évaluation.

À l'inverse, certaines certifications privées peuvent être obtenues en quelques jours sans expérience pratique, sans évaluation indépendante ni véritable code éthique. Dans ce cas, le terme « certifié » apporte peu d'informations sur le niveau réel de compétence.

Ce qui est souvent mal interprété

Le terme « certifié » ne possède pas, à lui seul, une valeur particulière. Il faut toujours connaître l'organisme qui délivre la certification et les critères utilisés.

L'ancienneté n'est pas non plus un indicateur suffisant. Un professionnel peut exercer depuis longtemps sans avoir actualisé ses connaissances, tandis qu'un praticien plus récent peut avoir bénéficié d'une formation récente et d'une formation continue active.

Les promesses de résultats rapides doivent également inciter à la prudence. Les troubles comportementaux s'inscrivent souvent dans des situations complexes qui nécessitent une évaluation, des ajustements et un travail progressif.

Enfin, le tarif d'une consultation ne permet pas d'évaluer la qualité d'un accompagnement. Un prix élevé ne garantit pas une expertise particulière, pas plus qu'un tarif modéré ne traduit nécessairement un manque de compétences.

Quel professionnel pour quel problème ?

Pour l'éducation de base, la prévention, la socialisation ou certains problèmes légers, un éducateur correctement formé utilisant des méthodes fondées sur la récompense peut être tout à fait adapté.

Lorsqu'apparaissent des troubles plus installés (réactivité, anxiété, comportements répétitifs, difficultés relationnelles importantes) il devient pertinent de rechercher un professionnel disposant d'une véritable expérience en comportement.

Dès qu'une douleur, une maladie, un trouble neurologique ou une indication médicamenteuse sont envisagés, l'intervention du vétérinaire devient indispensable.

Certaines évaluations comportementales réglementaires relèvent d'ailleurs spécifiquement du vétérinaire.

Un professionnel sérieux connaît les limites de son champ d'intervention et n'hésite pas à orienter vers d'autres intervenants lorsque cela est nécessaire.

Comment choisir concrètement ?

Avant de prendre rendez-vous, plusieurs questions peuvent être posées :

  • Quelle est votre formation ?

  • Quelles certifications possédez-vous ?

  • Quelles méthodes utilisez-vous ?

  • Utilisez-vous des colliers électriques, étrangleurs ou d'autres méthodes coercitives ?

  • Comment évaluez-vous les progrès ?

  • Travaillez-vous avec des vétérinaires lorsque cela est nécessaire ?

Les réponses les plus rassurantes ne sont pas forcément les plus impressionnantes.

Un professionnel compétent explique son raisonnement, adapte ses recommandations au chien qu'il a devant lui, reconnaît les limites de son intervention et ne promet pas de résultats universels.

Choisir un professionnel, ce n’est pas seulement trouver quelqu’un de compétent sur le papier. C’est aussi vérifier, au fil du suivi, si l’accompagnement convient réellement au chien et à la situation.

Si les progrès ne viennent pas, cela ne signifie pas forcément que le chien est « impossible » ou que le propriétaire a échoué. Il peut arriver que la méthode, le rythme, le cadre proposé ou la relation avec le professionnel ne soient pas les bons pour ce chien-là.

Dans ce cas, il est légitime de demander un autre avis, de réévaluer la situation avec un vétérinaire, ou de chercher un professionnel plus adapté au chien (pas forcément plus compétent). L’important est de ne pas se décourager, et de ne pas rester dans un accompagnement qui n’apporte ni compréhension, ni amélioration, ni sécurité.


 

Vous cherchez à comprendre le comportement de votre chien ou à choisir le professionnel le plus adapté à votre situation ?

Partagez votre expérience ou vos questions avec nous.

contact@canithermo.com


Sources

  1. American Veterinary Society of Animal Behavior. Humane Dog Training Position Statement. 2021.
  2. Vieira de Castro AC, Barrett J, de Sousa L, Olsson IAS. Does training method matter? Evidence for the negative impact of aversive-based methods on companion dog welfare. PLoS ONE. 2020.
  3. Affenzeller N, Palme R, Zulch H. Dogs are more pessimistic if their owners use two or more aversive training methods. Scientific Reports. 2021.
  4. American Veterinary Society of Animal Behavior. Position Statement on the Use of Dominance Theory in Behavior Modification of Animals.
  5. France Compétences. RNCP BP Éducateur canin.
  6. Légifrance. Textes relatifs à l'ACACED et aux activités liées aux animaux de compagnie.
  7. Animal Behavior Society. CAAB and ACAAB requirements.
  8. International Association of Animal Behavior Consultants. Credentialing Program.


 

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