Hors Série | Barbecue, apéro et chiens

Hors Série | Barbecue, apéro et chiens

Barbecue, apéro et chien : les dangers de l’été

 

Avant de commencer : risque ne veut pas dire accident systématique

Tous les chiens ne réagissent pas de la même façon, et tous les accidents n’ont pas les mêmes conséquences.

Un chien peut avoir mangé un morceau tombé au sol, un peu de raisin ou un reste de barbecue sans développer de symptôme visible.

Cela ne veut pas dire que l’aliment ou la situation est sans risque ! 

Cet article parle des risques connus et documentés, pas d’une fatalité à chaque ingestion.

L’objectif n’est pas de créer de la peur, mais d’aider à reconnaître les situations qui peuvent devenir dangereuses : aliments toxiques, objets avalés, brûlures, obstruction digestive, excès de gras ou ingestion d’alcool...

 

L’été... Terrasse, barbecue, repas dehors, apéritif, enfants, invités, odeurs de nourriture… le chien est au milieu de tout, et souvent, il se régale ! 

Un os cuit donné “juste comme ça”, un épi de maïs tombé au sol, une brochette oubliée, un invité qui donne un morceau sans chercher à savoir, un verre d’alcool posé trop bas, une grille encore chaude… Pour nous, ce sont souvent des détails, des choses auxquelles on ne pense même pas où qui sont faites par gentillesse. Le problème c'est que pour un chien, cela peut devenir une urgence vétérinaire.

Le problème en question, c’est l’accumulation de petits risques dans un moment où l’attention est plus dispersée : on discute, on sert les assiettes, les enfants circulent et crient dans tous les sens, les restes s’accumulent, les poubelles sont ouvertes, les invités ne connaissent pas forcément les aliments dangereux pour le chien.

Cet article fait le point sur les principaux dangers des barbecues et apéritifs d’été, leurs conséquences possibles, et les réflexes simples qui permettent souvent d’éviter l’accident.

 

 

Les os cuits ne sont pas une friandise

Donner un os à un chien peut sembler naturel.

Pourtant, il faut rester vigilants car la cuisson rend les os plus cassants.

Quand le chien les mâche, ils peuvent se fragmenter en éclats durs et tranchants.

Ces morceaux peuvent blesser la bouche, se coincer dans la gorge, irriter le tube digestif, provoquer une obstruction ou, dans les cas graves, entraîner une perforation.

Le risque ne dépend pas seulement de la taille du chien ! 

Un petit os de poulet, de côtelette ou de travers de porc peut être avalé rapidement ou se casser en fragments. Même “un petit os” peut donc poser problème.

Pendant un barbecue, les os sont souvent très accessibles : dans les assiettes, sur la table basse, près de la grille, dans une poubelle ouverte, ou directement au sol après le repas. C’est là que l’accident arrive...

 

Le bon réflexe :

ne pas donner d’os cuit au chien, débarrasser rapidement les assiettes, et jeter les os dans une poubelle fermée ou hors de portée.

À noter : tous les os ne présentent pas exactement le même niveau de risque. Un gros os rond de bœuf, type os à moelle ou osso bucco, se fragmente généralement moins facilement en petites esquilles qu’un petit os cuit de poulet, de lapin, de côtelette ou de travers.


Mais ! cela ne le rend pas pour autant sans danger. Ce type d’os reste très dur, peut casser une dent, se coincer dans la mâchoire, irriter le tube digestif ou provoquer une obstruction si des morceaux sont avalés. Sa moelle, très grasse, peut aussi déclencher des troubles digestifs chez certains chiens sensibles.


La nuance est donc importante : certains os sont moins à risque d’esquilles que d’autres, mais aucun os cuit ne doit être présenté comme une friandise totalement safe.

 

Les épis de maïs : pas toxiques, mais dangereux

Le maïs n’est pas le principal problème. Le danger vient surtout de l’épi en lui même.

Un épi de maïs sent la nourriture, le beurre, le sel, la fumée du barbecue ou les restes de cuisson. Il peut donc attirer fortement le chien. Certains chiens le mâchent, d’autres avalent de gros morceaux, parfois très vite.

Or l’épi ne se digère pas correctement. Il peut rester coincé dans le tube digestif et provoquer une obstruction intestinale. C’est une situation sérieuse, qui peut nécessiter une prise en charge vétérinaire rapide, parfois chirurgicale.

Le piège, c’est que les signes ne sont pas toujours immédiats. Un chien peut sembler aller bien juste après l’ingestion, puis présenter plus tard des vomissements, une perte d’appétit, de l’abattement, des douleurs abdominales, une agitation inhabituelle ou une difficulté à se poser.

Le bon réflexe :

ne jamais laisser traîner les épis de maïs, même déjà rongés. Ils doivent être jetés immédiatement dans une poubelle sécurisée.

 

 

Les brochettes et les pics :

Les pics à brochettes sont un autre danger classique des repas dehors. En bois ou en métal, ils peuvent être mâchés, avalés partiellement ou entièrement, surtout s’ils gardent une odeur de viande ou de marinade.

Le risque est mécanique : blessure dans la bouche, la gorge, l’œsophage, l’estomac ou l’intestin. Un pic peut aussi se coincer ou provoquer une perforation.

Les brochettes sont particulièrement problématiques parce qu’elles sont souvent oubliées sur un coin de l'assiette, laissées dans un plat, tombées au sol ou jetées dans une poubelle trop accessible.

 

Le bon réflexe :

retirer les pics des assiettes dès que possible, les jeter dans un contenant fermé, et ne jamais les laisser à hauteur de truffe.

 

 

Oignon, ail, échalote, ciboulette : attention aux aliments cachés

 

L’oignon, l’ail, l’échalote, la ciboulette et le poireau appartiennent à la famille des Allium.

Chez le chien, ces aliments peuvent provoquer une atteinte des globules rouges et entraîner une anémie.

Le risque existe sous différentes formes : cru, cuit, en poudre, déshydraté, dans une sauce, une marinade, un reste de plat ou un aliment aromatisé. La cuisson ne suffit pas à supprimer le danger.

C’est ce qui rend ces aliments particulièrement "piégeux" pendant les repas d’été.

Le chien ne mange pas forcément un morceau d’oignon visible. Il peut recevoir une viande marinée, une sauce, un reste de salade composée, une chips aromatisée, une préparation à l’ail, ou un plat déjà assaisonné.

Les signes peuvent être digestifs au départ, mais certains signes liés à l’anémie peuvent apparaître plus tard : fatigue inhabituelle, faiblesse, muqueuses pâles, respiration accélérée, urines foncées, perte d’appétit.

 

Le bon réflexe :

ne pas donner de plats assaisonnés au chien, même en petite quantité, et se méfier des sauces, marinades, chips, restes de viande préparée et salades composées.

Cela ne veut pas dire qu’un chien qui mange une miette de chips goût oignon va automatiquement faire une intoxication grave.

Le risque dépend de la quantité réellement ingérée, du poids du chien, de la forme de l’aliment, de sa concentration, et parfois de la sensibilité individuelle de l’animal.

À titre indicatif, le CAPAE-Ouest indique une dose toxique d’environ 5 à 10 g d’oignon par kilo de poids corporel chez le chien. Cela représente environ 50 à 100 g d’oignon pour un chien de 10 kg. Le Merck Veterinary Manual rapporte de son côté des signes cliniques chez le chien après ingestion de 15 à 30 g/kg d’oignon cru...

 

Raisin et raisins secs : un risque rénal imprévisible

Le raisin frais et les raisins secs peuvent être dangereux pour le chien.

Leur ingestion est associée à un risque d’atteinte rénale aiguë.

La difficulté, c’est que la toxicité est imprévisible.

Certains chiens peuvent développer des signes après une quantité qui semble faible, tandis que d’autres ne réagissent pas de la même façon. Il n’existe pas de quantité clairement considérée comme sûre. C'est pour ça qu'on connait tous au moins un grand père dont le chien mangeait les raisins directement dans les vignes sans aucun soucis de santé...

Les raisins secs sont particulièrement préoccupants, car ils sont concentrés.

On peut les retrouver dans des cakes, pains aux fruits, mélanges apéritifs, salades, desserts ou plateaux de fromage.

Les signes possibles incluent vomissements, diarrhée, abattement, perte d’appétit, douleurs abdominales, soif inhabituelle ou modification des urines.

L’atteinte rénale peut apparaître plus tard, ce qui justifie de ne pas attendre l’apparition de symptômes.

 

Le bon réflexe :

aucun raisin, aucun raisin sec, même en petite quantité. En cas d’ingestion suspecte, appeler rapidement un vétérinaire.

 

Chocolat (Normalement celui-ci, tout le monde le connait !) : 

 

Le chocolat contient des substances que le chien élimine moins bien que l’humain, notamment la théobromine et la caféine.

Ces molécules peuvent agir sur le système digestif, nerveux et cardiovasculaire.

Le risque dépend du poids du chien, du type de chocolat et de la quantité ingérée.

Plus le chocolat est noir, plus il est généralement concentré en théobromine.

Le chocolat noir, le cacao en poudre, les desserts chocolatés riches et le chocolat de couverture sont donc plus préoccupants que le chocolat au lait.

Le chocolat blanc est beaucoup moins concentré, mais il reste gras et sucré, donc peu adapté.

Les signes peuvent inclure vomissements, agitation, soif importante, accélération du rythme cardiaque, tremblements, hyperactivité, troubles neurologiques ou convulsions dans les cas graves.

 

Le bon réflexe :

garder tous les desserts chocolatés hors de portée, et prévenir les invités, surtout les enfants, de ne rien donner au chien.

 

 

Alcool : 

Un verre posé trop bas, une bière laissée sur une chaise, un fond de cocktail sucré, une boisson renversée au sol… l’alcool peut être accessible très facilement, pour le chien, pendant un apéritif.

Chez le chien, l’éthanol peut provoquer des troubles digestifs, une désorientation, une baisse de vigilance, une baisse de température corporelle, des troubles respiratoires et, selon la quantité, une situation grave.

Les boissons sucrées ou lactées peuvent être particulièrement attirantes, car elles masquent le goût de l’alcool.

Le danger ne concerne donc pas seulement le vin ou la bière : cocktails, punchs, crèmes alcoolisées, desserts alcoolisés ou préparations contenant de l’alcool doivent aussi rester hors de portée.

 

Le bon réflexe :

ne jamais laisser un verre d’alcool accessible, et ne jamais donner “une gorgée pour rire”.

 

Aliments très gras ou très salés : 

Tous les aliments dangereux ne sont pas forcément toxiques au sens strict.

Certains posent problème parce qu’ils sont trop gras, trop salés, trop riches ou trop épicés.

Saucisses, merguez, peau de poulet, couenne, charcuterie, chips, cacahuètes salées, sauces, fromages, restes de marinade, morceaux très gras ou très grillés : ces aliments peuvent provoquer des troubles digestifs.

Une ingestion importante d’aliments gras peut aussi favoriser une pancréatite, c’est-à-dire une inflammation du pancréas.

Cette affection peut être douloureuse et sérieuse.

Elle peut se manifester par des vomissements, un abattement, une douleur abdominale, une perte d’appétit ou une posture inhabituelle.

Le très salé peut également poser problème, surtout si le chien n’a pas accès à de l’eau fraîche ou s’il ingère plusieurs aliments salés au cours du repas.

 

Le bon réflexe :

ne pas donner de restes gras ou salés, même si le chien réclame. Prévoir éventuellement une friandise adaptée pour lui, à part, afin d’éviter les “petits morceaux” distribués par tout le monde.

 

Le barbecue lui-même est un risque :

On pense souvent aux aliments, mais le barbecue en tant qu’objet est aussi dangereux.

Grille chaude, braises, cendres, charbon, allume-feu, liquide d’allumage, ustensiles brûlants, nourriture très chaude…

Un chien curieux peut se brûler la truffe, la langue, les babines ou les coussinets très rapidement.

Le risque augmente quand il y a du monde.

Les adultes discutent, les enfants passent, la cuisson est en cours, les assiettes circulent, et le chien peut s’approcher sans que personne ne le remarque.

Les cendres et produits d’allumage posent aussi un risque en cas d’ingestion. Même après le repas, un barbecue qui refroidit reste dangereux...

 

Le bon réflexe :

maintenir le chien à distance de la zone de cuisson pendant le repas et après, tant que la grille, les braises ou les cendres ne sont pas totalement sécurisées.

 

 

Le bon réflexe pendant les repas dehors

La prévention repose surtout sur l’anticipation.

L’objectif n’est pas d’exclure le chien de la vie de famille, mais d’éviter qu’il se retrouve au milieu d’aliments, d’objets ou de déchets dangereux.

 

Avant le repas, il est utile de prévoir :

  • un espace calme à l’ombre 
  • une gamelle d’eau fraîche accessible 
  • une zone éloignée du barbecue 
  • une poubelle fermée ou hors de portée 
  • des assiettes débarrassées rapidement 
  • des os, brochettes et épis jetés immédiatement dans un contenant sécurisé 
  • une consigne claire aux invités : ne rien donner au chien.

Cette dernière consigne est essentielle.

Beaucoup d’accidents partent d’une bonne intention : un invité qui donne un petit morceau, un enfant qui partage son dessert, quelqu’un qui pense qu’un peu de viande ne peut pas faire de mal.

Le chien, lui, ne sait pas faire la différence entre une friandise adaptée et un aliment dangereux. C’est donc à l’humain d’organiser l’environnement !

Quand appeler le vétérinaire ?

En cas d’ingestion suspecte, il vaut mieux appeler rapidement un vétérinaire plutôt que d’attendre l’apparition des symptômes, surtout si le chien a avalé :

  • un os cuit 
  • un morceau d’épi de maïs 
  • une brochette ou un pic 
  • du raisin ou des raisins secs 
  • du chocolat 
  • de l’alcool 
  • de l’oignon, de l’ail, de l’échalote ou du poireau en grande quantité 
  • un produit d’allumage 
  • une quantité importante d’aliments gras ou salés.

Il ne faut pas faire vomir un chien sans avis vétérinaire !

Selon ce qu’il a avalé, provoquer le vomissement peut aggraver la situation, notamment avec un objet pointu, irritant ou potentiellement traumatique.

Lors de l’appel, il faut essayer de préciser :

  • le poids du chien 
  • ce qu’il a avalé 
  • la quantité approximative 
  • l’heure de l’ingestion 
  • les symptômes éventuels 
  • ses antécédents médicaux 
  • ses traitements en cours.

En France, en dehors des horaires d’ouverture de votre vétérinaire habituel, il est possible de contacter un vétérinaire de garde ou un centre antipoison vétérinaire.

 

Conclusion

Les barbecues, apéros et repas d’été ne sont pas incompatibles avec la présence d’un chien. Mais ils demandent quelques réflexes simples.

Les os cuits, les épis de maïs, les brochettes, l’oignon, l’ail, le raisin, le chocolat, l’alcool, les restes gras, les poubelles ouvertes et le barbecue lui-même font partie des risques les plus fréquents.

La plupart de ces accidents peuvent être évités avec de l’anticipation : sécuriser les déchets, éloigner le chien de la zone de cuisson, garder les aliments hors de portée, prévenir les invités, lui prévoir un espace calme et consulter rapidement en cas de doute.

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Sources

  1. Merck Veterinary Manual — Chocolate Toxicosis in Animals
  2. MSD/Merck Veterinary Manual — Grape, Raisin and Tamarind Toxicosis in Dogs
  3. Cornell Richard P. Riney Canine Health Center — Grape and Raisin Toxicity
  4. ASPCA Animal Poison Control — People Foods to Avoid Feeding Your Pets
  5. CAPAE-Ouest — Les oignons et l’ail
  6. British Veterinary Association — Keep corn on the cob away from your dog, urge vets
  7. Vets Now — BBQ Safety for Dogs
  8. PDSA — Poisons and Hazards for Pets
  9. VCA Hospitals — If your pet ate something toxic, should you make them vomit?
  10. CAPAE-Ouest / CNITV

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