Sports Canins| Cani VTT et Cani Rando

Sports Canins| Cani VTT et Cani Rando

Cani VTT et Cani Rando

 

Sources : Lafuente, Benito, Steiss, Farr, Bruchim, Caldas, Hansen et Evans.


 

Le cani-VTT et la cani-rando sont deux disciplines très différentes.

La première associe vitesse, traction, inertie du vélo et changements rapides de trajectoire. La seconde repose davantage sur l’endurance, la durée, le dénivelé et l’irrégularité du terrain.

Les blessures propres à ces disciplines restent peu documentées dans la littérature vétérinaire. Il existe une étude rétrospective sur les blessures en canicross, mais pas d’équivalent solide spécifiquement consacré au cani-VTT ou à la randonnée canine.

L’analyse repose donc sur les données disponibles dans les disciplines proches, la médecine sportive vétérinaire, la physiologie de l’effort et les contraintes mécaniques propres à ces activités.

 

 

Cani-VTT : vitesse, traction et inertie

Le cani-VTT, ou bikejöring, reprend le principe de traction du canicross, mais avec un vélo.

Ce changement modifie fortement la dynamique de l’effort.

La vitesse est plus élevée, l’inertie plus importante et les incidents peuvent devenir plus difficiles à corriger.

Une publication consacrée à des Greysters entraînés en bikejöring rapporte des pics de vitesse proches de 42 km/h, ce qui donne une idée du niveau de contrainte possible dans cette discipline.

Même en l’absence d’étude lésionnelle dédiée, plusieurs points de vigilance ressortent clairement.

 

 

La surface

La combinaison vitesse, traction et surface dure augmente les contraintes répétées sur l’appareil locomoteur.

L’asphalte présente aussi un risque thermique pour les coussinets lorsqu’il est chaud.

Les lésions de coussinets sont bien décrites chez le chien, même si elles ne sont pas spécifiques au cani-VTT.

Les surfaces les plus adaptées restent les chemins souples, les pistes régulières, les sentiers propres et les terrains non abrasifs.

Les longues portions de bitume sont à éviter.

 

 

La chaleur

Le chien sportif est exposé au risque d’hyperthermie, surtout lors d’un effort intense.

Les revues vétérinaires sur le coup de chaleur rappellent que l’exercice peut déclencher une hyperthermie sévère lorsque la dissipation thermique devient insuffisante.

Un chien motivé peut continuer à courir alors que sa température corporelle augmente déjà trop.

Les signes d’alerte doivent conduire à l’arrêt immédiat de l’effort :

  • halètement très marqué ;
  • désorganisation de l’allure ;
  • ralentissement inhabituel ;
  • faiblesse ;
  • hypersalivation ;
  • altération de la vigilance ;
  • tremblements ;
  • refus d’avancer.

 

 

Le matériel

Le cani-VTT nécessite un matériel adapté.

Le harnais doit être conçu pour la traction, permettre une bonne liberté des épaules et ne pas gêner la respiration.

Les systèmes improvisés augmentent le risque d’incident, surtout avec la vitesse et la tension de la ligne.

Le matériel doit aussi permettre de limiter les à-coups et de conserver une trajectoire la plus stable possible.

 

 

L’âge de début

Il n’existe pas de seuil d’âge universel permettant d’autoriser le cani-VTT pour tous les chiens.

La maturité ostéo-articulaire dépend du format, de la race et de l’individu.

Les efforts de traction soutenus doivent être évités avant la fin de croissance.

Une initiation technique douce peut être proposée plus tôt, sans traction intense ni volume important, mais le travail structuré doit attendre la maturité locomotrice.

Chez les chiens à risque orthopédique, une validation vétérinaire est préférable avant de débuter une activité régulière.

 

 

Cani-rando : endurance, terrain et durée

La cani-rando présente un profil de contrainte différent.

La vitesse est généralement plus faible, mais l’effort peut durer longtemps et le terrain varie davantage.

Les principaux facteurs de risque sont :

  • durée trop importante ;
  • dénivelé ;
  • descentes longues ;
  • sols abrasifs ;
  • racines, pierres, boue ou dévers ;
  • manque de préparation physique.

Les contraintes sont souvent moins explosives qu’en cani-VTT, mais elles peuvent s’accumuler sur plusieurs heures.

Les coussinets, les doigts, les épaules, le dos et les hanches peuvent être sollicités de manière prolongée.

Le cas le plus fréquent reste le chien peu préparé emmené sur une sortie trop longue parce qu’il semble motivé.

L’enthousiasme ne remplace pas le conditionnement.

 

 

Échauffement et retour au calme

L’échauffement et le retour au calme font partie des principes classiques de médecine sportive canine.

L’objectif n’est pas de transformer chaque sortie en protocole complexe, mais d’éviter un départ brutal sur un effort soutenu.

Quelques minutes de marche active avant l’activité permettent une mise en route progressive.

Après l’effort, un retour au calme facilite l’observation de la démarche et de la récupération.

 

 

Coussinets et extrémités

Les coussinets doivent être contrôlés après chaque sortie longue ou rapide.

Il faut rechercher :

  • abrasion ;
  • fissure ;
  • brûlure ;
  • plaie ;
  • échauffement ;
  • corps étranger ;
  • irritation entre les doigts ;
  • usure anormale.

Les lésions de coussinets sont fréquentes dans les traumatismes distaux du chien.

Elles peuvent sembler mineures au départ, mais devenir très gênantes si l’activité se poursuit.

 

 

Hydratation

L’accès à l’eau est indispensable lors des sorties longues ou par temps doux à chaud.

Le chien doit pouvoir boire régulièrement, sans attendre l’apparition de signes de fatigue.

La déshydratation et l’hyperthermie peuvent rapidement compromettre la sécurité de l’effort.

Il faut aussi éviter les efforts prolongés lors des heures chaudes, surtout chez les chiens peu entraînés, brachycéphales, âgés, en surpoids ou déjà sensibles à la chaleur.

 

 

Progressivité

En cani-VTT comme en cani-rando, la progression doit porter sur un seul paramètre à la fois :

  • distance ;
  • durée ;
  • vitesse ;
  • dénivelé ;
  • difficulté du terrain ;
  • fréquence des sorties.

Augmenter plusieurs paramètres simultanément expose davantage au surmenage.

Une raideur inhabituelle, une récupération plus lente, une boiterie, une baisse d’enthousiasme ou un changement de comportement après l’activité doivent conduire à réduire la charge.

 

 

Ce qu’il faut retenir

Le cani-VTT et la cani-rando n’exposent pas le chien aux mêmes contraintes.

Le cani-VTT cumule vitesse, traction et inertie. Les erreurs de surface, de matériel ou de gestion thermique peuvent avoir des conséquences rapides.

La cani-rando est moins explosive, mais elle peut entraîner une surcharge progressive lorsque la sortie est trop longue, trop chaude, trop irrégulière ou mal préparée.

Dans les deux cas, les points essentiels restent les mêmes : matériel adapté, progressivité, contrôle des coussinets, gestion de la chaleur, hydratation et récupération.

 


 

 Vous pratiquez le cani-VTT ou la cani-rando avec votre chien ?
Vous avez des anectodes ? des histoires à partager ?

Écrivez-nous à contact@canithermo.com.


 

 


 

Sources 

  1. Lafuente P. et al. 2018. A Retrospective Survey of Injuries Occurring in Dogs and Handlers Participating in Canicross. Veterinary and Comparative Orthopaedics and Traumatology. PMID: 30138953.
  2. Benito M. et al. 2020. Cardiovascular Clinical Assessment in Greyster Dogs in Bikejöring Training. PMID: 32932929.
  3. Steiss J.E. 2002. Muscle disorders and rehabilitation in canine athletes. PMID: 11785732.
  4. Farr B.D. et al. 2020. The Penn Vet Working Dog Center Fit to Work Program.
  5. Bruchim Y. et al. 2017. Pathophysiology of heatstroke in dogs – revisited. PMID: 29435477.
  6. Caldas G.G. et al. 2022. Heat stroke in dogs: Literature review.
  7. Hansen L.A. et al. 2015. Distribution, Complications, and Outcome of Footpad Injuries in 120 Dogs. PMID: 26083442.
  8. Evans R. et al. 2003. Effect of velocity on ground reaction forces in dogs… PMID: 14672423.

 

 

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