Sports Canins| Dopage et compléments

Dopage et compléments dans le sport canin

 

source : Moreira et al., 2021 ; Toutain, 2010 ; Pokrywka et al., 2024 ; BSCG.


Le dopage dans le sport canin soulève à la fois des questions de performance, d’éthique et de bien-être animal.

Le sujet est documenté dans la littérature scientifique, mais les connaissances disponibles sont très inégales selon les disciplines concernées.

La majorité des travaux portent sur les animaux de compétition à fort enjeu économique, notamment les chevaux de course. Les données publiées concernant les sports canins sont beaucoup moins nombreuses.

La revue de Moreira et al. publiée en 2021 montre d’ailleurs que l’essentiel des travaux consacrés au dépistage concerne les disciplines équines.

 

 

Ce que l’on sait aujourd’hui

Les méthodes de détection existent.

Les analyses réalisées dans les contextes antidopage reposent principalement sur le sang et les urines, même si d’autres matrices biologiques peuvent parfois être étudiées.

En revanche, la littérature publiée sur l’organisation des contrôles dans de nombreuses disciplines canines reste limitée.

Les situations rencontrées dans les courses, les sports hippiques ou certaines compétitions professionnelles ne peuvent donc pas être directement extrapolées à l’ensemble des sports canins.

 

 

Traitement vétérinaire ou dopage ?

L’un des textes de référence sur ce sujet reste celui de Toutain publié en 2010.

L’auteur rappelle que la question ne porte pas uniquement sur la substance utilisée, mais sur le contexte de son administration.

Un chien recevant un traitement vétérinaire n’est pas automatiquement considéré comme dopé.

En revanche, l’utilisation d’un médicament ou d’une substance destinée à masquer une douleur, une boiterie ou un état incompatible avec la compétition soulève des questions importantes en matière de bien-être animal et d’équité sportive.

Un chien rendu artificiellement performant par un traitement qui masque une souffrance ne se trouve plus dans une situation comparable à celle d’un animal réellement apte à l’effort.

 

 

Le risque le plus réaliste : la contamination ou l’utilisation inadaptée

Le dopage intentionnel existe, mais il ne correspond probablement pas au risque principal pour la majorité des propriétaires de chiens sportifs.

Les problèmes les plus plausibles concernent :

  • des produits mal tracés ;
  • des contaminations croisées ;
  • des compléments de qualité insuffisante ;
  • des erreurs d’utilisation ;
  • des produits dont la composition réelle n’est pas connue.

Le programme BSCG n’est pas une autorité antidopage. Il s’agit d’un organisme privé de certification.

Son intérêt réside dans l’analyse de lots de compléments afin de rechercher de nombreuses substances interdites ou problématiques.

Ces démarches illustrent les préoccupations liées à la qualité des produits et à la présence éventuelle de contaminants.

 

 

Le cas publié en 2024

Un article publié en 2024 dans Frontiers in Sports and Active Living a rapporté le cas d’une athlète contrôlée positive après avoir utilisé sur son chien un spray vétérinaire contenant du clostebol acétate.

Le transfert involontaire de la substance entre l’animal et l’humain a été considéré comme l’explication la plus probable.

Cette publication ne concerne pas le dopage canin à proprement parler.

Elle illustre néanmoins les conséquences parfois inattendues de certains médicaments vétérinaires et rappelle l’importance de la traçabilité des produits utilisés.

 

 

Compléments et chiens sportifs

Les termes « récupération », « soutien articulaire », « naturel » ou « anti-douleur léger » ne renseignent pas sur le niveau de contrôle ou de validation d’un produit.

Chez les chiens pratiquant une activité compétitive, plusieurs éléments méritent une attention particulière :

  • origine du produit ;
  • composition clairement identifiée ;
  • traçabilité des lots ;
  • conservation des emballages ;
  • information du vétérinaire ;
  • connaissance des ingrédients utilisés.

Plus le niveau de compétition augmente, plus ces éléments prennent de l’importance.

 

 

La question du bien-être animal

La littérature rappelle régulièrement que la protection du chien reste prioritaire.

Administrer un traitement pour soigner une pathologie ou améliorer le confort d’un chien n’est pas comparable à l’utilisation d’une substance destinée à masquer une douleur afin de maintenir l’animal en compétition.

Cette distinction constitue probablement l’un des points les plus importants dans les discussions autour du dopage animal.

 

 

En résumé

Le dopage dans le sport canin est un sujet réel, mais sa documentation reste très variable selon les disciplines.

Les connaissances actuelles proviennent principalement des sports animaux à fort enjeu économique.

Pour la majorité des propriétaires de chiens sportifs, les risques les plus concrets concernent surtout :

  • les produits mal contrôlés ;
  • les contaminations ;
  • les erreurs d’utilisation ;
  • l’emploi inadapté de médicaments ou de compléments.

L’objectif reste de préserver la santé et le bien-être du chien, et non de maintenir artificiellement un animal douloureux ou diminué dans une activité sportive.

 

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Sources 

 

  1. Moreira F. et al., Doping detection in animals: A review of analytical methodologies published from 1990 to 2019, 2021, PMID: 33440053

  2. Toutain P.L., Veterinary medicines and competition animals: the question of medication versus doping control, 2010, PMID: 20204593

  3. Pokrywka A. et al., A case study of positive doping control by animal-to-human drug transfer after an athlete administered medicine in spray format, containing clostebol acetate, to a pet dog, 2024, PMID: 39722740

  4. BSCG, programme privé de certification des compléments animaux


 

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