Courir avec son chien
Source : Smedberg et al. (2024) et Erjavec et al. (2022). |
Courir avec son chien est souvent présenté comme une activité naturelle ou universellement bénéfique.
Pourtant, courir représente une véritable charge d’entraînement. Comme pour un sportif humain, cette charge doit être adaptée au niveau de condition physique, au gabarit, à l’âge, au mode de vie et aux capacités individuelles du chien.
Les données scientifiques disponibles restent limitées, mais elles montrent déjà que l’exercice partagé entraîne des modifications physiologiques et corporelles mesurables.
Ce que montrent les études disponibles
L’étude pilote de Smedberg et collaborateurs, publiée en 2024, a suivi 22 propriétaires et leurs chiens pendant huit semaines.
Le programme prévoyait deux sorties hebdomadaires de deux kilomètres.
Chez les propriétaires, plusieurs indicateurs de qualité de vie se sont améliorés.
Chez les chiens, les auteurs ont observé une diminution significative du body condition score sans modification de l’alimentation.
Ces résultats montrent qu’un programme relativement modeste peut déjà entraîner des effets mesurables chez le chien.
L’étude d’Erjavec et collaborateurs, réalisée chez des chiens de canicross entraînés, apporte des informations complémentaires.
Après deux séances d’effort aigu, plusieurs paramètres biologiques variaient de manière significative. La température rectale augmentait également après l’exercice, tout en restant dans les valeurs physiologiques et en revenant vers les valeurs de repos après récupération.
Ces résultats concernent des chiens entraînés. Ils ne permettent pas d’extrapoler directement ces charges de travail à des chiens sédentaires ou insuffisamment préparés.
Tous les chiens ne présentent pas les mêmes aptitudes
Les chiens sélectionnés pour le travail, l’endurance ou les activités sportives possèdent généralement des caractéristiques favorables à la course régulière.
Les chiens légers à modérés, bien musclés et construits pour l’effort prolongé disposent souvent d’un avantage mécanique.
Les chiens brachycéphales présentent des limites particulières liées à leur anatomie respiratoire et à leurs capacités de thermorégulation.
Les grandes races lourdes, les chiens en surpoids, les chiens douloureux ou souffrant d’arthrose, ainsi que les jeunes chiens dont la croissance n’est pas terminée nécessitent également une approche plus prudente.
Ces recommandations reposent essentiellement sur des connaissances physiologiques et cliniques largement établies.
La progression de la charge
L’adaptation à l’effort repose avant tout sur la progressivité.
Les études disponibles montrent qu’un chien entraîné tolère généralement des efforts d’endurance modérés.
Elles ne permettent pas de conclure qu’un chien peu actif peut supporter immédiatement les mêmes contraintes.
L’augmentation progressive des distances, l’alternance des jours d’effort et de récupération ainsi que la reprise progressive après une interruption restent des principes importants.
Une récupération anormalement longue, une raideur persistante, une modification de l’allure ou une baisse d’enthousiasme peuvent indiquer que la charge d’entraînement est trop importante.
Température, terrain et récupération
L’exercice entraîne une augmentation de la température corporelle, y compris chez des chiens entraînés.
Les conditions climatiques, l’humidité et la capacité du chien à dissiper sa chaleur doivent donc être prises en compte.
Les études disponibles ne permettent pas de définir une température extérieure universelle au-delà de laquelle il faudrait systématiquement arrêter toute activité.
En pratique, l’horaire, l’intensité, la durée de l’effort et la récupération doivent être adaptés aux conditions.
Le type de terrain mérite également une attention particulière.
Les travaux disponibles ne comparent pas directement les différentes surfaces, mais les contraintes mécaniques répétées peuvent varier selon la dureté du sol, la vitesse ou la durée de l’effort.
Enfin, la récupération fait partie intégrante de l’entraînement.
Les jours plus calmes, l’observation de la démarche et le retour progressif au repos participent à l’adaptation à l’effort.
Ce qu’il faut retenir
Courir avec son chien peut constituer une activité physique bénéfique pour le chien comme pour son propriétaire.
Les données disponibles montrent qu’un programme régulier peut modifier la condition corporelle et que des chiens entraînés présentent une bonne adaptation physiologique à l’effort.
L’intérêt de cette activité dépend toutefois de plusieurs facteurs :
- l’état de santé du chien ;
- sa condition physique ;
- son âge ;
- son gabarit ;
- sa morphologie ;
- la progression de la charge ;
- la récupération.
Le chien doit être considéré comme un véritable partenaire d’entraînement, avec ses capacités, ses limites et ses besoins propres.
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Sources
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Smedberg K. et al., A pilot study of a joint outdoor exercise program for dog owners and dogs, 2024, PMID: 38906904
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Erjavec V. et al., The Effect of Two Acute Bouts of Exercise on Oxidative Stress, Hematological, and Biochemical Parameters, and Rectal Temperature in Trained Canicross Dogs, 2022, PMID: 35359677
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