Sports Canins| Frisbee canin : le sport des sauts à répétition

Sports Canins| Frisbee canin : le sport des sauts à répétition

Frisbee canin : le sport des sauts à répétition

 

Source : Markley et al., 2021 ; Markley, 2023 ; Sack et al., 2023 ; Fry et al., 2022 ; Brown et al., 2017 ; Batcher et al., 2019 ; Juriga et al., 2021.

 

Le frisbee canin, ou disc dog, associe accélérations, changements de direction, impulsions, sauts, rotations et réceptions répétées.

Chez certains chiens, le frisbee constitue un excellent sport de motivation et de coopération. Chez d'autres, notamment certaines races prédisposées aux atteintes rachidiennes ou locomotrices, il peut représenter une activité peu adaptée.

Il s’agit probablement de l’un des sports canins les plus exigeants sur le plan biomécanique.

La littérature scientifique consacrée spécifiquement au frisbee reste très limitée. Aucune étude PubMed dédiée aux blessures du disc dog n’a été identifiée à ce jour.

Les connaissances actuelles proviennent principalement de la médecine du sport canine, des études réalisées chez les chiens d’agility et des travaux consacrés aux chiens athlètes.

Ces données permettent néanmoins d’identifier plusieurs zones de vigilance.

 

 

Deux pratiques très différentes

Le frisbee regroupe en réalité plusieurs disciplines.

Toss and fetch

Le chien poursuit le disque, l’intercepte puis revient vers le conducteur.

Les contraintes principales sont :

  • accélération ;
  • freinage ;
  • impulsion ;
  • réception.

 

Freestyle

Le freestyle ajoute des sauts plus complexes, des rotations, des figures et parfois des appuis sur le conducteur.

Les contraintes mécaniques deviennent alors plus importantes, notamment lors des réceptions.

Dans les deux cas, le chien enchaîne des prises d'appui rapides, des décélérations et des impacts répétés.

 

 

L’épaule : la région la plus concernée

Les études consacrées aux chiens d’agility montrent que la région scapulo-humérale représente l'une des localisations les plus fréquentes des blessures.

Les lésions citées comprennent notamment :

  • tendinopathies du biceps brachial ;
  • atteintes du supra-épineux ;
  • instabilité médiale de l’épaule ;
  • douleurs chroniques de la région scapulaire.

L’enquête nord-américaine publiée dans le JAVMA rapporte une forte représentation des blessures de l’épaule chez les chiens d’agility.

Cette observation paraît cohérente avec les contraintes du frisbee, où les membres antérieurs absorbent une partie importante des réceptions.

La répétition des impacts semble probablement plus importante que le saut isolé.

 

 

L’iliopsoas

L’iliopsoas constitue également une blessure classique du chien sportif.

Les études de Sack et de Fry montrent que cette région est régulièrement concernée chez les chiens d’agility.

L’iliopsoas intervient dans :

  • l’impulsion ;
  • la propulsion ;
  • l’extension rapide du membre postérieur ;
  • la stabilisation après l’effort.

Les départs explosifs et les accélérations répétées du frisbee sollicitent directement cette région.

 

 

Région lombaire et lombo-sacrée

Les synthèses récentes consacrées aux chiens athlètes rapportent également des douleurs lombaires ou lombo-sacrées.

Le frisbee associe :

  • extension du rachis ;
  • flexion ;
  • torsion ;
  • réception rapide.

Ces mouvements répétés peuvent solliciter fortement le dos, en particulier lors des figures complexes ou des séances prolongées.

 

 

Les dents

Les traumatismes dentaires sont moins documentés scientifiquement que les blessures locomotrices.

Les publications consacrées à la dentisterie des chiens de travail rappellent toutefois que les traumatismes dentaires peuvent survenir lors d'activités impliquant des impacts répétés.

Un disque trop rigide ou mal adapté peut augmenter ce risque.

Les disques conçus pour les chiens, plus souples et plus adaptés à la prise en gueule, semblent représenter l'option la plus prudente.

 

 

Les races chondrodystrophiques

Certaines races présentent une prédisposition documentée à la maladie discale intervertébrale.

Les travaux consacrés au rétrogène FGF4 ont montré un lien entre la chondrodystrophie et l'augmentation du risque d'IVDD.

Parmi les races concernées figurent notamment :

  • Teckel ;
  • Bouledogue Français ;
  • Corgi ;
  • Basset Hound ;
  • autres races chondrodystrophiques.

Les sauts répétés, les réceptions brutales et les contraintes rachidiennes peuvent représenter un facteur supplémentaire chez ces chiens.

Le frisbee est généralement déconseillé chez les races présentant une prédisposition discale importante.

 

 

Les chiens les plus représentés

Les compétitions de frisbee regroupent principalement :

  • Border Collie ;
  • Berger Australien ;
  • Berger Belge Malinois ;
  • Whippet ;
  • autres chiens athlétiques.

Ces races possèdent généralement :

  • une bonne propulsion ;
  • une vitesse élevée ;
  • une morphologie favorable aux sauts ;
  • une meilleure tolérance mécanique.

Cela ne signifie pas qu'elles sont protégées des blessures.

Les chiens très investis dans ces disciplines restent fortement représentés dans les populations de chiens blessés.

 

 

Prévention

Plusieurs mesures apparaissent cohérentes avec les connaissances actuelles :

  • disque souple adapté au chien ;
  • terrain souple ou herbe ;
  • échauffement avant les séances ;
  • progression du nombre de lancers ;
  • récupération suffisante ;
  • surveillance des signes de fatigue.

Les surfaces dures comme le béton ou l'asphalte augmentent probablement les contraintes mécaniques.

Un chien peu entraîné ne devrait pas reprendre directement par des séries importantes de sauts ou de longues séances.

 

 

Signes d'alerte

Les lésions de surutilisation apparaissent souvent progressivement.

Une surveillance est justifiée en cas de :

  • raideur après l'activité ;
  • boiterie discrète ;
  • baisse d'engagement ;
  • modification des réceptions ;
  • diminution de la détente ;
  • difficulté à tourner ;
  • douleur à la palpation.

Ces signes peuvent apparaître plusieurs heures ou plusieurs jours après la séance.

 

 

Conclusion

Le frisbee est un sport particulièrement exigeant sur le plan locomoteur.

En l'absence d'études spécifiques, les données issues de l'agility permettent d'identifier plusieurs régions sensibles :

  • épaule ;
  • iliopsoas ;
  • région lombaire ;
  • dents.

Les races chondrodystrophiques présentent un profil de risque particulier en raison de leur prédisposition discale.

La gestion du volume d'entraînement, des surfaces et de la récupération reste probablement le principal levier de prévention.

 

 

 Vous pratiquez le frisbee canin avec votre chien ?

Vous avez des anecdotes à raconter ?

Écrivez-nous à contact@canithermo.com.


 

 


 

Sources 

  1. Markley A.P., Management of Injuries in Agility Dogs, Veterinary Clinics of North America: Small Animal Practice, 2023, PMID: 36964029
  2. Markley A.P. et al., Internet-based survey of the frequency and types of orthopedic injury among North American agility dogs, JAVMA, 2021, PMID: 34647477
  3. Sack D. et al., Iliopsoas strain demographics, concurrent injuries, and associated factors in agility dogs, 2023, PMID: 37397635
  4. Fry L.M. et al., Internet Survey Evaluation of Iliopsoas Injury in Dogs Participating in Agility Competitions, 2022, PMID: 35873675
  5. Brown E.A. et al., FGF4 retrogene on CFA12 is responsible for chondrodystrophy and intervertebral disc disease in dogs, PNAS, 2017, PMID: 29073074
  6. Batcher K. et al., Phenotypic Effects of FGF4 Retrogenes on Intervertebral Disc Disease in Dogs, 2019, PMID: 31181696
  7. Juriga S. et al., Working Dog Dentistry, 2021, PMID: 34059256
  8. Sources cliniques vétérinaires de dentisterie signalant le frisbee comme cause possible de traumatisme dentaire chez le chien


 

 


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