Sports Canins| Natation et sports nautiques

Sports Canins| Natation et sports nautiques

 

Natation et sports nautiques

 

Source : Nganvongpanit et al., 2014 ; Pye et al., 2018 ; van Asperen et al., 1995.


La natation canine regroupe des situations très différentes.

Il existe la baignade de loisir, la natation régulière comme activité physique, les sports nautiques et l’hydrothérapie utilisée en rééducation.

Ces activités ne poursuivent pas les mêmes objectifs et ne présentent pas les mêmes contraintes.

Un chien qui nage occasionnellement en été, un chien arthrosique suivi en hydrothérapie et un chien pratiquant le dock diving ne sollicitent pas leur organisme de la même manière.

 

 

L’intérêt de l’eau pour l’appareil locomoteur

L’immersion réduit la charge exercée sur les articulations tandis que la résistance de l’eau augmente le travail musculaire.

Cette combinaison explique l’utilisation de l’exercice aquatique en rééducation vétérinaire.

L’objectif est de maintenir un travail locomoteur tout en limitant certaines contraintes d’impact observées lors de l’exercice au sol.

L’étude de Nganvongpanit et collaborateurs illustre cette approche chez le chien.

 

 

Ce que montre l’étude chez le chien arthrosique

L’étude publiée en 2014 a inclus 55 chiens répartis en plusieurs groupes, dont 22 chiens atteints d’arthrose de hanche participant à un programme de natation de huit semaines.

Les auteurs ont observé :

  • une amélioration de l’amplitude articulaire de la hanche ;
  • une amélioration de plusieurs paramètres locomoteurs ;
  • une diminution d’un biomarqueur associé à la dégradation cartilagineuse.

Ces résultats soutiennent l’intérêt de l’exercice aquatique dans certains contextes arthrosiques.

Les effectifs restent toutefois modestes et les résultats concernent un protocole précis.

 

 

Hydrothérapie et baignade : deux situations différentes

L’hydrothérapie constitue une intervention de rééducation réalisée dans un environnement contrôlé.

La durée, l’intensité, la progression et les objectifs sont adaptés au chien.

La natation libre ou la baignade de loisir peuvent également représenter une activité physique intéressante, mais elles ne permettent pas le même contrôle de l’effort, de la qualité des mouvements ou de la fatigue.

Une baignade régulière ne remplace donc pas un protocole de rééducation.

Les résultats de l’étude de Nganvongpanit concernent un programme structuré de natation et ne peuvent pas être extrapolés à toutes les situations de baignade.

 

 

Le principal risque documenté : les otites externes

Les complications les plus fréquentes liées à la natation concernent les oreilles.

L’otite externe est une affection très fréquente chez le chien, et Pseudomonas aeruginosa fait partie des bactéries régulièrement impliquées dans les formes chroniques ou compliquées.

La revue de Pye et collaborateurs souligne également le rôle des biofilms de Pseudomonas dans certaines otites difficiles à traiter.

L’étude publiée dans le BMJ en 1995 concerne des baigneurs humains et ne doit pas être présentée comme une étude canine.

Elle apporte néanmoins des données microbiologiques intéressantes concernant l’exposition à Pseudomonas dans l’eau.

Chez le chien, l’humidité persistante du conduit auditif constitue un facteur favorisant reconnu, en particulier chez les animaux prédisposés.

 

 

Les chiens les plus sensibles

Certains chiens nécessitent une surveillance plus attentive :

  • chiens à oreilles tombantes ;
  • chiens souffrant d’allergies ;
  • chiens ayant déjà présenté des otites ;
  • chiens présentant une inflammation chronique du conduit auditif.

Les chiens brachycéphales méritent également une attention particulière.

Leurs particularités anatomiques peuvent limiter leurs capacités respiratoires et compliquer certains efforts aquatiques, notamment en eau libre.

Tous les chiens ne possèdent pas les mêmes aptitudes à la nage, à l’endurance ou à la dissipation de la chaleur.

 

 

Conseils pratiques et précautions

Après une baignade ou une séance de natation :

  • sécher soigneusement le chien, surtout les oreilles, les plis cutanés et les zones où l’humidité reste piégée ;
  • surveiller l’apparition de rougeur, démangeaison, mauvaise odeur, secouements de tête ou douleur à l’oreille ;
  • éviter les eaux stagnantes, douteuses ou visiblement polluées ;
  • ne pas laisser boire une grande quantité d’eau de mer ou d’eau douce pendant l’activité ;
  • adapter la durée de la séance au niveau du chien ;
  • éviter les efforts aquatiques intenses chez un chien non entraîné ;
  • utiliser un gilet de flottaison si le chien nage mal, fatigue vite, panique ou présente une morphologie défavorable ;
  • ne jamais forcer un chien à entrer dans l’eau ;
  • surveiller la température extérieure, la fatigue et la récupération ;
  • arrêter la séance en cas de toux, essoufflement marqué, perte de coordination, tremblements, boiterie ou fatigue anormale.

Chez un chien arthrosique, l’eau peut représenter un exercice intéressant, mais elle ne remplace ni l’évaluation vétérinaire ni un programme de rééducation lorsqu’il est nécessaire. Une baignade mal dosée peut aussi aggraver une fatigue musculaire ou révéler une douleur déjà présente. Comme tout, il faut donc surveiller et adapter.

 

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Sources

  1. Nganvongpanit K. et al., Effect of swimming on clinical functional parameters and serum biomarkers in healthy and osteoarthritic dogs, 2014, PMID: 24977044

  2. Pye C. et al., Pseudomonas otitis externa in dogs, 2018, PMID: 30410185

  3. van Asperen I.A. et al., Risk of otitis externa after swimming in recreational fresh water lakes containing Pseudomonas aeruginosa, 1995, PMID: 8520277

 

 

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